Définition
Un lundi de janvier, une mauvaise grippe ou un poignet cassé. Le salarié d'en face prévient son employeur, se recouche, et sa fiche de paie tombera quand même à la fin du mois.
Vous, vous ouvrez votre agenda : trois rendez-vous à annuler, une livraison qui glisse d'une semaine, et aucune facture à envoyer.
Les indemnités journalières sont la somme que l'Assurance Maladie verse pour chaque jour d'Arrêt maladie prescrit par un médecin, afin de remplacer une partie du revenu perdu.
Un micro-entrepreneur y a droit lui aussi, et pour une raison simple : il les finance déjà, dans son forfait de Cotisations sociales.
Ce n'est pas une assurance à souscrire, c'est une couverture achetée à chaque euro encaissé.
Ce que vous payez déjà pour elles
Le taux de cotisations n'est pas un prélèvement unique : c'est un forfait réparti entre six lignes, et l'une d'elles porte exactement ce nom.
En 2026, sur 100 € de cotisations versées à l'Urssaf, cette ligne pèse 1,25 € pour la vente de marchandises et les prestations de services BIC, 1,50 € pour un libéral non réglementé en BNC, et 0,80 € pour un professionnel affilié à la CIPAV.
Le calcul, déroulé sur une année. Une graphiste indépendante non réglementée encaisse 30 000 € en 2026.
Ses cotisations s'élèvent à 30 000 × 25,6 %, soit 7 680 € : c'est le seul taux qui ait bougé au 1er janvier 2026, contre 24,6 % en 2025, et les contenus restés à l'ancien chiffre sous-estiment le forfait comme la ligne qu'il finance.
La ligne indemnités journalières en représente 1,50 %, ce qui revient à 115,20 € sur l'année, environ 10 € par mois, pour être couverte en cas d'arrêt.
Un artisan prestataire au même chiffre d'affaires paie 30 000 × 21,2 %, soit 6 360 € de cotisations, dont 79,50 € pour la même ligne.
Deux précisions que les tableaux oublient. Ces pourcentages sont des parts du forfait, jamais des pourcentages de votre chiffre d'affaires.
Et le taux global ne couvre ni la contribution à la formation professionnelle, ni la taxe de chambre consulaire, ni l'impôt, qui s'ajoutent.
Au 1er janvier 2026, cette répartition interne a changé sans que le taux global bouge pour la vente, les prestations BIC et la Cipav : la CSG-CRDS a reculé au profit des cotisations qui ouvrent des droits.
Prélèvement identique, droits acquis en hausse.
Cotiser ne suffit pas à être indemnisé
La cotisation du micro-entrepreneur est strictement proportionnelle à ce qu'il encaisse : un trimestre sans chiffre d'affaires ne coûte rien, et n'achète rien.
Un démarrage lent, une saison creuse, une activité mise en veille, ce sont autant de périodes qui ne construisent aucun droit, même si la déclaration a bien été déposée à 0 €.
Et sur les droits financés par ces cotisations, l'administration retient les cotisations effectivement payées, pas celles qui figuraient sur la déclaration : un retard de paiement se paie deux fois.
Le reste tient à des conditions que l'Assurance Maladie fixe et qu'elle seule confirme : une durée d'affiliation minimale, un revenu annuel moyen au-dessus d'un plancher, un délai de carence avant le premier jour indemnisé, un montant journalier plafonné.
Ce glossaire s'interdit de publier un montant qu'il n'a pas vérifié à la source officielle et daté dans la phrase.
Ceux-là ne l'ont pas été : ils se lisent sur le site de l'Assurance Maladie et dans votre compte ameli, qui font foi.
Un chiffre recopié d'un article de blog, ici, vous ferait bâtir un budget sur du vide.
Chiffre d'affaires, revenu, indemnité : trois montants différents
C'est la confusion qui déçoit le plus de monde le jour de l'arrêt. L'Assurance Maladie ne raisonne jamais en chiffre d'affaires, elle raisonne en revenu.
Or en micro-entreprise, votre Chiffre d'affaires n'est pas votre revenu : l'administration applique d'abord l'Abattement forfaitaire de votre catégorie, qui vaut en 2026 71 % pour la vente de marchandises, 50 % pour les prestations de services BIC et 34 % en BNC.
Notre graphiste à 30 000 € encaissés voit son revenu ramené à 30 000 € moins 34 %, ce qui revient à 19 800 €. C'est ce revenu, et non ce que vous encaissez, qui sert de base au calcul.
Deux voisines à ne pas confondre non plus.
Les indemnités journalières couvrent un arrêt temporaire, tandis que l'invalidité-décès, autre ligne du même forfait, prend le relais quand l'incapacité s'installe.
Le Congé maternité, lui, obéit à ses propres règles, avec sa durée minimale et son allocation de repos maternel.
Quant à la Prévoyance, elle ne fait pas doublon : c'est un contrat privé dont l'objet est précisément de combler ce que la couverture obligatoire laisse de côté.
Questions fréquentes
Un libéral réglementé affilié à la Cipav est-il couvert ?
Il cotise pour cette ligne comme les autres : en 2026, sur 100 € de forfait versé au taux global de 23,2 %, 0,80 € vont aux indemnités journalières, contre 1,50 € pour un libéral du régime général.
Le montant versé et les conditions relèvent de l'Assurance Maladie, pas de la caisse de retraite : c'est sur votre compte ameli que la réponse se vérifie.
L'Acre me fait-elle perdre cette couverture ?
L'Acre allège les cotisations, dont précisément celle des indemnités journalières, exonérée au même titre que la maladie-maternité, la retraite de base, l'invalidité-décès et les allocations familiales, alors que la CSG-CRDS, la CFP et la retraite complémentaire restent dues.
En micro, cette exonération ne se lit pas ligne par ligne sur votre échéance : elle prend la forme d'un taux global minoré appliqué à tout votre chiffre d'affaires.
Pour la retraite, la règle est écrite : les droits se calculent sur le forfait qui aurait été dû sans l'Acre, à condition d'être à jour de ses paiements.
Faites confirmer votre situation auprès de l'Assurance Maladie avant de compter dessus.
Les indemnités reçues se déclarent-elles à l'Urssaf ?
Non, ce n'est pas du chiffre d'affaires mais un revenu de remplacement.
Votre déclaration reste due pour la période, y compris à 0 €, et vous n'y portez que ce que vos clients vous ont réellement payé pendant l'arrêt.
Une facture encaissée en pleine convalescence compte, une indemnité versée par l'Assurance Maladie non.
Faut-il une prévoyance quand on cotise déjà ?
Souvent oui, pour une raison arithmétique : le forfait obligatoire assure un socle, calculé sur un revenu déjà réduit par l'abattement, versé après un délai de carence et sous un plafond journalier.
Un indépendant dont le loyer, le matériel et les assurances tombent tous les mois compare ce socle à ses charges fixes réelles, puis décide.
Parts du forfait et taux 2026, vérifiés au 5 septembre 2026.
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