Définition
Deuxième trait sur le test, et une question qui arrive avant toutes les autres : si vous cessez de facturer pendant plusieurs semaines, qui paie ?
Une salariée a un employeur, un contrat qui se suspend et un salaire qui continue d'arriver. Vous, vous avez une entreprise qui ne s'arrête pas toute seule.
Le congé maternité de la micro-entrepreneuse n'est pas un congé au sens du salariat : rien ne suspend l'entreprise et personne ne vous remplace.
C'est une période pendant laquelle vous interrompez votre activité. L'Assurance Maladie, qui gère la Sécurité sociale des indépendants, vous verse alors deux prestations distinctes.
La première est l'allocation forfaitaire de repos maternel, liée à la naissance. La seconde regroupe des indemnités journalières forfaitaires, liées à votre interruption réelle.
Les deux ne répondent pas aux mêmes conditions, et c'est exactement là que se logent les mauvaises surprises.
Deux prestations, deux logiques
L'allocation forfaitaire de repos maternel accompagne la naissance ou l'adoption. C'est un montant fixe, versé en deux fois, sans rapport avec ce que vous encaissez.
Les Indemnités journalières d'interruption d'activité, elles, ne se déclenchent que si vous vous arrêtez pour de bon, pendant une durée minimale fixée par la réglementation, dont une partie doit obligatoirement se situer après l'accouchement.
Une durée minimale d'affiliation est également exigée : une activité créée quelques semaines avant la naissance n'ouvre pas les mêmes droits qu'une activité installée depuis plusieurs années.
Les montants, eux, ne se recopient pas d'un article lu l'an dernier : ils sont revalorisés et publiés chaque année par l'Assurance Maladie, et l'indemnité journalière dépend de votre revenu annuel moyen, avec un montant minoré pour les revenus les plus faibles.
Vérifiez-les à la source, à la date où vous vous arrêtez : au 5 septembre 2026, des pages en ligne, y compris officielles, affichent encore des barèmes périmés depuis plusieurs années.
Ce que cette couverture vous coûte
Vous ne payez aucune prime pour ce droit : il est déjà compris dans vos Cotisations sociales. Prenons une consultante en libéral non réglementé qui encaisse 20 000 € en 2026.
Elle cotise au taux global des BNC du régime général, 25,6 % en 2026, soit 5 120 € sur l'année, un taux qui ne comprend ni la contribution à la formation professionnelle, ni la taxe de chambre consulaire, ni l'impôt.
Dans ce forfait, la ligne indemnités journalières pèse 1,50 % et la ligne maladie-maternité 2,60 % : 76,80 € et 133,12 €, soit environ 210 € pour l'année entière.
Ce chiffre sert à comprendre une chose, et une seule : il n'a aucun lien avec ce que vous toucherez, puisque l'allocation forfaitaire est un montant fixe et que l'indemnité journalière se calcule sur votre revenu, jamais sur la somme cotisée.
La répartition dépend de l'activité déclarée.
En 2026, la part affectée aux indemnités journalières représente 1,25 % du forfait en BIC, 1,50 % en BNC du régime général, et 0,80 % pour les affiliés Cipav, dont le taux global de cotisations n'est pas celui du régime général.
Un quart du forfait BNC part par ailleurs en CSG-CRDS (25,20 % en 2026), qui ne vous ouvre aucun droit personnel.
Le montant versé dépend de votre revenu, mais l'ouverture du droit suppose des cotisations effectivement payées, pas seulement dues.
À chiffre d'affaires identique, une assurée à jour ouvre des droits là où une assurée en retard de paiement n'en ouvre aucun.
Régularisez vos échéances auprès de l'Urssaf avant de déposer votre demande, pas après.
Et pendant l'arrêt, la Déclaration de chiffre d'affaires reste due à chaque échéance, même à zéro : aucun encaissement, aucune cotisation, mais la déclaration ne se met jamais en pause.
Salariée, micro-entrepreneuse, ou les deux
La confusion la plus fréquente vient du mot lui-même : on dit congé, donc on imagine une parenthèse pendant laquelle tout s'arrête. Non.
L'entreprise continue d'exister, ses échéances tombent, et ce qui ne dépend pas du chiffre d'affaires, la cotisation foncière des entreprises en tête, ne s'efface pas parce que vous venez d'accoucher.
Ce qui baisse mécaniquement, ce sont les cotisations sociales, puisqu'elles suivent vos encaissements.
Si vous cumulez un emploi salarié et une micro-entreprise, les deux couvertures ne s'additionnent pas librement : c'est votre caisse d'affiliation qui détermine qui verse quoi, et la question se pose avant de bâtir un budget, pas au septième mois.
Enfin, ce que la Sécurité sociale verse reste forfaitaire.
Si votre niveau de vie suppose davantage, c'est une Prévoyance souscrite bien en amont qui comble l'écart, jamais une démarche entamée une fois la grossesse déclarée.
Questions fréquentes
Peut-on travailler un peu pendant son congé maternité ?
Pas si vous voulez les indemnités journalières : elles indemnisent une interruption effective de l'activité, et reprendre des missions pendant cette période remet en cause leur versement.
L'allocation forfaitaire de repos maternel obéit à une autre logique, puisqu'elle est liée à la naissance et non à votre arrêt.
L'ACRE réduit-elle les prestations maternité ?
L'ACRE allège précisément les lignes maladie-maternité et indemnités journalières de votre forfait, mais votre indemnité journalière se calcule sur votre revenu, pas sur ce que vous avez versé à l'Urssaf.
La même neutralisation s'applique aux droits à la retraite, sous une condition qui n'est jamais facultative : être à jour de ses paiements.
Faut-il fermer sa micro-entreprise pour accoucher ?
Non, et une radiation en cours de grossesse complique tout : elle met fin à votre affiliation en tant qu'indépendante et fait dépendre vos droits de règles de maintien qu'il faut alors vérifier une par une.
Vous déclarez zéro sur les échéances concernées, vous ne payez aucune cotisation sur cette période, et l'entreprise reste ouverte pour la reprise.
Et pour le second parent ?
Le Congé paternité du travailleur indépendant existe aussi, avec ses propres conditions de durée et d'interruption.
Les deux dispositifs se ressemblent sur le principe et jamais sur les montants : ne transposez pas le calcul de l'un à l'autre.
Taux de cotisation en vigueur en 2026, vérifiés au 5 septembre 2026.