Définition
Fin décembre, vous additionnez les virements arrivés sur le compte depuis janvier : 40 000 €.
Le total est beau, il se raconte bien en dîner de famille, et il ne correspond à rien de ce que vous allez réellement garder.
C'est le premier malentendu du régime, et il coûte plus cher que tous les autres réunis.
Le chiffre d'affaires d'un micro-entrepreneur, c'est le total des sommes hors taxes réellement encaissées au titre de son activité pendant l'année civile, avant le moindre prélèvement et avant la moindre dépense.
Rien ne s'en retranche : ni l'abonnement logiciel, ni le billet de train, ni la commission de la plateforme qui vous paie.
C'est un montant brut, et c'est sur ce brut que tout se calcule, vos Cotisations sociales comme votre impôt.
Le registre qui le suit au jour le jour est le Livre des recettes, où chaque encaissement s'inscrit à sa date, et une activité de vente y ajoute un registre des achats.
Chiffre d'affaires, revenu, base imposable
Trois montants circulent sous le même mot, et l'écart entre eux se compte en milliers d'euros. Déplacez le curseur pour les voir empilés sur la même échelle.
La base imposable est calculée sur le chiffre d'affaires brut, jamais sur ce qui vous reste. Les deux abattements ne s'additionnent pas.
Ce calcul ne comprend ni la contribution à la formation professionnelle, ni la taxe de chambre consulaire, ni la CFE, ni l'impôt lui-même. Il montre l'ordre de grandeur et la mécanique, pas votre situation exacte.
Prenons un consultant libéral non réglementé, relevant des BNC (bénéfices non commerciaux), qui encaisse 40 000 € en 2026.
Au taux de 25,6 % applicable en 2026, ses cotisations sociales atteignent 10 240 € : il lui reste 29 760 €. La base imposable n'est pas ce reste.
L'administration repart du brut et lui applique un Abattement forfaitaire de 34 % pour un BNC en 2026, ce qui donne 26 400 € soumis à l'impôt, quelles qu'aient été les dépenses réelles de l'année.
Les deux calculs partent chacun des 40 000 €, jamais l'un du résultat de l'autre. Croire que l'abattement s'applique après les cotisations conduit à sous-estimer son impôt d'année en année.
Ce taux de 25,6 % est celui des libéraux non réglementés en 2026 : un architecte ou un moniteur de ski affilié à la Cipav cotise, lui, à 23,2 % la même année.
Et il ne couvre ni la contribution à la formation professionnelle, 0,2 % pour un libéral en 2026 soit 80 € de plus ici, ni l'impôt lui-même : la démo ci-dessus les laisse de côté pour montrer la mécanique, pas votre situation exacte.
Et l'abattement change avec l'activité : 34 % en BNC, 50 % pour les prestations de services relevant des BIC, 71 % pour la vente de marchandises en 2026, avec un minimum de 305 €, porté à 610 € en activité mixte.
Encaissé, jamais facturé
Le chiffre d'affaires se compte à la date du paiement, pas à la date de la facture. Une facture émise le 20 décembre 2026 et réglée le 8 janvier 2027 appartient au chiffre d'affaires de 2027 ; une facture jamais payée ne se déclare jamais.
C'est la règle de l'Encaissement, et elle vaut pour tout : les cotisations, les plafonds du régime, les seuils de TVA.
Deux cas se trompent souvent dans l'autre sens.
La commission qu'une place de marché retient avant de virer votre argent reste du chiffre d'affaires : c'est la somme payée par le client qui compte, 100 € facturés et 88 € reçus se déclarent 100 €.
À l'inverse, les Débours, ces frais avancés au nom du client et remboursés à l'euro près sur justificatif, n'en font pas partie.
Un compteur, deux limites sans rapport
Ce cumul annuel alimente deux mécanismes que presque tout le monde confond.
Le premier est le Plafond de chiffre d'affaires du régime micro : 203 100 € pour la vente de marchandises et l'hôtellerie, 83 600 € pour les prestations de services, les activités libérales et les locations meublées, montants fixés pour les années 2026 à 2028.
Le second est le Seuil de TVA : 37 500 € de prestations de services en 2026, sous un plafond global de 85 000 € de chiffre d'affaires national toutes activités confondues, deux montants inchangés depuis 2025.
Le premier des deux franchi suffit à faire perdre la franchise.
Un prestataire à 45 000 € encaissés en 2026 reste micro-entrepreneur et devient redevable de la TVA, parce que ces deux limites ne se croisent nulle part.
Le plafond ne se lit d'ailleurs pas sur une seule année.
Le régime micro ne cesse que si le montant a été dépassé deux années consécutives, en N-1 et en N-2 : être resté sous le seuil l'une de ces deux années suffit à y rester, et la sortie n'intervient de toute façon qu'au 1er janvier suivant.
Une seule année à 90 000 € pour un prestataire ne change donc rien à son régime micro. Sa TVA, elle, aura basculé bien avant.
Questions fréquentes
Le chiffre d'affaires se compte-t-il hors taxes ou toutes taxes comprises ?
Hors taxes, toujours. Tant que vous relevez de la franchise en base, vous ne facturez aucune TVA et les deux montants se confondent.
Une fois redevable, la TVA que vous collectez pour l'État n'est pas à vous et n'entre pas dans le chiffre d'affaires déclaré à l'URSSAF.
Puis-je déduire mes achats de mon chiffre d'affaires ?
Non, aucune dépense ne se déduit en micro-entreprise : l'abattement forfaitaire remplace les frais réels, et il s'applique même si vous n'avez rien dépensé.
Quand les charges réelles dépassent nettement cet abattement, c'est le signe qu'un autre régime fiscal serait plus favorable.
Une période sans aucun encaissement dispense-t-elle de déclarer ?
Non. La déclaration reste due à chaque échéance et se saisit à zéro, sans rien payer.
Une échéance laissée vide est traitée comme une déclaration manquante, pas comme une absence d'activité, et une période sans recette n'ouvre aucun droit social.
Un remboursement de frais facturé au client compte-t-il dans le chiffre d'affaires ?
Oui dès lors qu'il figure sur votre facture comme un élément de votre prix : un déplacement refacturé 200 € s'ajoute à vos encaissements et supporte les cotisations.
Seuls les débours en sont exclus. Valeurs en vigueur en 2026, vérifiées au 5 septembre 2026.