Définition
Vous êtes architecte, vous démarrez en micro-entreprise, et vous avez lu partout qu'un libéral cotise à 25,6 %. Votre premier échéancier affiche 23,2 %.
Il n'y a aucune erreur : vous relevez de la Cipav, et pas du régime général.
La Cipav, Caisse interprofessionnelle de prévoyance et d'assurance vieillesse, est la caisse de retraite d'une liste fermée de professions libérales réglementées.
Ce n'est ni un statut, ni une catégorie fiscale : c'est l'organisme qui gère votre retraite et votre invalidité-décès. Cette liste est fixée par l'article L640-1 du code de la Sécurité sociale.
On y trouve notamment les architectes, les géomètres-experts, les ingénieurs-conseils et les ostéopathes.
Elle couvre aussi les psychologues, les guides-conférenciers, les moniteurs de ski et les guides de haute montagne.
Toute activité libérale absente de la liste relève de la Sécurité sociale des indépendants, adossée au régime général.
Ce que la Cipav couvre, et ce qu'elle ne couvre pas
Vous versez un forfait unique à l'Urssaf, qui le répartit ensuite entre les risques.
Au 1er janvier 2026, pour un affilié Cipav, sur 100 € de cotisations versées : 30,70 € partent à la Retraite complémentaire, 29,50 € à la retraite de base, 27,00 € à la CSG-CRDS, 10,60 € à la maladie, 1,40 € à l'invalidité-décès et 0,80 € aux indemnités journalières.
La retraite absorbe donc 60,20 € sur 100 € en 2026, et la retraite complémentaire y pèse plus lourd que la retraite de base : c'est la seule des trois répartitions publiées par l'Urssaf où cet ordre s'inverse.
En revanche, vos soins et vos arrêts de travail ne passent pas par elle : c'est votre caisse primaire d'assurance maladie qui rembourse et qui verse les indemnités journalières.
La Cipav paie la retraite, la CPAM paie la santé.
23,2 % en 2026 : le calcul sur 40 000 €
Les Cotisations sociales d'un affilié Cipav s'élèvent à 23,2 % du chiffre d'affaires encaissé en 2026, un taux stable depuis le 1er juillet 2024 et inchangé cette année, comme l'Urssaf le rappelle dans son actualité sur les taux.
Une architecte d'intérieur qui encaisse 40 000 € en 2026 verse donc 9 280 € de cotisations.
S'y ajoutent 80 € de CFP, fixée à 0,2 % du chiffre d'affaires pour les professions libérales et due dès lors qu'un chiffre d'affaires a été déclaré l'année civile précédente.
Le total pour l'Urssaf atteint 9 360 €.
L'impôt sur le revenu se calcule à côté, il n'entre jamais dans ce taux.
Même chiffre d'affaires, une rédactrice web non réglementée relève du régime général et cotise en 2026 à 25,6 %, soit 10 240 €, plus les mêmes 80 €.
2,4 points d'écart en 2026, c'est 960 € par an sur 40 000 € encaissés : le mot « libéral » ne suffit jamais à déterminer un taux.
La phrase « toutes les professions libérales sont à 25,6 % en 2026 » est fausse, et la phrase inverse l'est tout autant.
Un développeur, un graphiste ou un consultant indépendant ne figure pas sur la liste de l'article L640-1 : appliquer 23,2 % au motif que l'activité est libérale revient à sous-provisionner chaque trimestre.
Le sens de l'erreur change peu de choses, la régularisation arrive au même endroit.
Trimestres, Acre et plafond : trois règles propres à la Cipav
La Validation de trimestre est le seul terrain où l'Urssaf publie encore un montant de chiffre d'affaires par activité en 2026, et ce tableau ne vaut que pour la Cipav : 2 792 € valident un trimestre, 5 584 € deux, 8 376 € trois et 11 168 € quatre.
Un ostéopathe affilié Cipav qui encaisse 10 000 € en 2026 valide trois trimestres, et il lui manque 1 168 € pour le quatrième.
Ces montants ne se transposent à aucune autre activité, faute de tableau publié pour les artisans, les commerçants et les libéraux non réglementés.
L'ACRE suit elle aussi une ligne à part.
Pour une activité créée jusqu'au 30 juin 2026, le taux Cipav minoré s'établit à 13,4 %. Il passe à 17,4 % pour une création à compter du 1er juillet 2026.
Ce n'est pas le taux Cipav qui monte en cours d'année : c'est l'exonération qui tombe de la moitié au quart des cotisations pour les créations de la seconde moitié de 2026.
Ce 13,4 % n'est pas la moitié de 23,2 %, et ce n'est pas une coquille : la CSG-CRDS et la retraite complémentaire ne sont jamais exonérées, ce qui relève mécaniquement le taux payé.
Le plafond de chiffre d'affaires, enfin, obéit à une règle que l'on ne trouve nulle part ailleurs : un affilié Cipav reste plafonné à 83 600 € en 2026, et ce montant s'apprécie sur son chiffre d'affaires global, activité mixte comprise.
Un architecte qui vendrait aussi des objets ne récupère pas les 203 100 € du plafond de vente applicable en 2026, il reste mesuré sur la même ligne.
Cipav, BNC et SSI : trois mots que l'on confond
Le BNC est une catégorie fiscale, la Cipav une caisse de retraite, la SSI un régime de sécurité sociale.
Un architecte déclare des BNC tout en cotisant à la Cipav, et le taux Cipav de 23,2 % s'applique en 2026 aussi bien en BNC qu'en BIC.
Ce qui vous range à la Cipav est le caractère réglementé de votre profession, pas la case fiscale que vous cochez ni le code APE inscrit sur votre avis de situation.
Questions fréquentes
Comment savoir si mon activité relève de la Cipav ?
L'affiliation se joue à la déclaration de début d'activité, sur la liste fermée de l'article L640-1 du code de la Sécurité sociale, et l'Urssaf vous notifie ensuite la caisse dont vous dépendez.
Si le doute persiste, le premier échéancier tranche : il affiche 23,2 % en 2026 pour un affilié Cipav, contre 25,6 % pour un libéral du régime général.
Je suis développeur, graphiste ou consultant indépendant : suis-je à la Cipav ?
Non. Ces métiers ne sont pas des professions libérales réglementées, ils relèvent du régime général, avec un taux global de 25,6 % en 2026 pour une activité BNC.
Choisir un code APE de conseil ou d'ingénierie n'y change rien : c'est la réglementation de la profession qui décide de la caisse, jamais le code d'activité.
L'Acre réduit mes cotisations : vais-je perdre des droits à la retraite ?
Non. Vos droits sont calculés sur le forfait qui aurait été dû sans l'exonération, à une condition que l'on oublie souvent de mentionner : être à jour du paiement de vos cotisations.
Un impayé, lui, coûte bien des droits, puisque la validation repose sur les cotisations effectivement payées et non sur celles qui étaient dues.