Définition
Vous avez encaissé 40 000 € cette année en construisant des sites pour vos clients.
Votre première déclaration de revenus arrive, et la question tombe : l'impôt va-t-il porter sur ces 40 000 € ? Non.
L'administration en retire d'abord un pourcentage, sans vous réclamer la moindre facture.
C'est l'abattement forfaitaire : la part de votre Chiffre d'affaires que le fisc considère comme vos frais professionnels, et qu'il déduit avant de calculer quoi que ce soit.
Le pourcentage dépend uniquement de votre activité, jamais de vos dépenses réelles. Rien à prouver, rien à conserver, rien à détailler : c'est le coeur du Régime micro-fiscal, et la contrepartie est que vous ne déduisez aucun frais en plus.
Ce qui reste une fois l'abattement appliqué s'appelle le bénéfice imposable. C'est cette somme, et elle seule, qui rejoint les autres revenus de votre foyer sur la déclaration.
Trois taux, selon ce que vous vendez
En 2026, l'administration retient trois pourcentages, publiés sur la fiche officielle du régime micro.
| Votre activité | Abattement en 2026 |
|---|---|
| Vente de marchandises et hôtellerie (BIC) | 71 % |
| Prestations de services commerciales et artisanales, meublés de tourisme classés, chambres d'hôtes | 50 % |
| Activité libérale (BNC, article 102 ter du code général des impôts) | 34 % |
Une ligne de ce tableau se date plus finement que les autres : pour les meublés de tourisme classés et les chambres d'hôtes, ce taux de 50 % est celui des revenus 2025 déclarés en 2026.
Leur régime fiscal a déjà changé deux fois en deux ans, et rien ne garantit qu'il tienne pour les revenus suivants.
Un plancher passe presque toujours inaperçu : en 2026, l'abattement ne descend jamais sous 305 €, montant porté à 610 € en activité mixte.
Le code général des impôts ne cite que les 305 € ; le doublement relève de la lecture administrative du cumul.
Surtout, retenez ceci : un prestataire BIC et un libéral BNC partagent le même plafond de chiffre d'affaires, 83 600 € pour les années 2026 à 2028, mais pas le même abattement. Ce qui sépare vraiment les deux catégories n'est pas le seuil, c'est ce pourcentage.
Le calcul, déroulé sur 40 000 €
Reprenons ce développeur, libéral non réglementé, donc en BNC. Sur 40 000 € encaissés en 2026, l'abattement de 34 % retire 13 600 €.
Restent 26 400 € de bénéfice imposable, la somme reportée sur la déclaration 2042-C-PRO et taxée au barème avec les autres revenus du foyer.
Le même encaissement en prestations de services BIC donnerait 50 % d'abattement, soit 20 000 € de bénéfice imposable.
L'écart atteint 6 400 € de base taxable pour un travail identique : la catégorie dans laquelle tombe votre activité pèse plus lourd que tout le reste de votre déclaration.
L'abattement est un forfait, pas un remboursement.
Si ce développeur a réellement dépensé 20 000 € en sous-traitance et en matériel, l'administration ne lui en reconnaît que 13 600 € : il paie de l'impôt sur un bénéfice qu'il n'a pas gagné, et aucun justificatif ne changera ce calcul.
Une activité qui dépense beaucoup doit étudier le Passage au régime réel, où les frais se déduisent pour leur montant exact.
Ce que l'abattement ne réduit pas
Une confusion coûte cher chaque année. L'abattement est fiscal : il ne touche pas d'un centime vos Cotisations sociales, calculées sur le chiffre d'affaires encaissé brut.
Le développeur de notre exemple, libéral non réglementé affilié au régime général, cotise en 2026 au taux de 25,6 % appliqué à 40 000 €, soit 10 240 €.
Ce taux ne couvre ni la contribution à la formation professionnelle, ni la taxe de chambre consulaire, ni l'impôt, et il ne vaut pas pour les professions libérales réglementées affiliées à la Cipav, qui relèvent d'un taux qui leur est propre.
Même logique pour le Versement libératoire : ses taux s'appliquent eux aussi au chiffre d'affaires brut, l'abattement sort alors complètement du calcul.
Lui non plus ne remplace pas vos cotisations : il solde l'impôt sur le revenu, rien d'autre, et l'URSSAF continue de prélever à côté.
Et dans tous les cas, le bénéfice imposable n'est pas votre revenu disponible : ce dernier, c'est ce qui reste une fois les cotisations, l'impôt et vos dépenses réelles payés.
Questions fréquentes
Puis-je déduire mon ordinateur ou mes déplacements en plus de l'abattement ?
Non, jamais. L'abattement est réputé couvrir la totalité de vos charges professionnelles, achats et déplacements compris.
Les ajouter par-dessus reviendrait à les compter deux fois, et le régime micro n'accepte aucun justificatif de frais.
Mon gîte classé bénéficie-t-il toujours de 71 % d'abattement ?
Non, et de nombreux articles en ligne sont restés sur l'ancien chiffre.
Pour les revenus 2025 déclarés en 2026, l'abattement est de 50 % pour les meublés de tourisme classés et les chambres d'hôtes, et de 30 % pour les meublés non classés.
Ces taux sont ceux du code général des impôts ; ils sont susceptibles d'évoluer pour les revenus suivants.
Dois-je indiquer l'abattement quelque part sur ma déclaration ?
Non : vous portez votre chiffre d'affaires encaissé, et l'administration applique elle-même le pourcentage correspondant à la case remplie.
Se tromper de case revient donc à se tromper d'abattement, ce qui explique pourquoi la ligne choisie compte autant.