Définition
Votre première facture est payée. Deux mille euros arrivent sur le compte, entiers, sans qu'aucun bulletin de paie vienne expliquer ce qui manque.
C'est le moment où beaucoup de créateurs se trompent : ils dépensent une somme dont une partie ne leur appartient déjà plus.
Les cotisations sociales du micro-entrepreneur sont un forfait, c'est-à-dire un pourcentage appliqué au Chiffre d'affaires encaissé, déclaré puis payé à l'URSSAF chaque mois ou chaque trimestre.
Elles ne se calculent jamais sur un bénéfice, mais sur ce que vous encaissez, avant la moindre dépense. Pas d'encaissement, pas de cotisation.
En échange, elles financent une couverture maladie, des indemnités journalières, une retraite de base et une retraite complémentaire.
Un taux par activité, et un seul bouge en 2026
Le taux ne dépend ni de votre ancienneté ni du montant encaissé, seulement de la nature de l'activité déclarée.
Voici les taux pleins applicables en métropole en 2026, tels que l'Urssaf les publie.
| Activité déclarée | Taux plein 2026 |
|---|---|
| Vente de marchandises, restauration, hébergement hôtelier | 12,3 % |
| Prestations de services commerciales et artisanales (BIC) | 21,2 % |
| Autres services, libéraux non réglementés (BNC) | 25,6 % |
| Libéraux réglementés affiliés à la CIPAV | 23,2 % |
| Meublés de tourisme classés | 6 % |
Un seul bouge en 2026, celui des BNC du régime général : 24,6 % en 2025, puis 25,6 % depuis le 1er janvier 2026.
Ce n'est pas 26,1 %, chiffre d'un décret de 2024 remplacé par le décret n° 2025-943 du 8 septembre 2025, et qui circule pourtant encore partout.
Ne confondez pas non plus les deux familles de libéraux : un architecte affilié à la Cipav cotise à 23,2 % en 2026, soit 2,4 points de moins qu'un consultant non réglementé.
Deux activités ont changé de case au 1er janvier 2026. Les chambres d'hôtes sont passées des ventes aux prestations de services, donc à 21,2 %.
Les meublés de tourisme non classés ont quitté le régime micro-social pour le régime réel des travailleurs indépendants, tout en gardant côté fiscal un micro-BIC jusqu'à 15 000 €.
Comme le taux frappe le chiffre d'affaires et non le bénéfice, deux personnes qui travaillent autant ne paient pas la même chose. Déplacez le curseur pour voir l'écart en euros.
Entre le plus léger et le plus lourd, l'écart atteint 3 990 €
Ces montants ne couvrent que les cotisations sociales. La contribution à la formation professionnelle et la taxe de chambre consulaire s'y ajoutent, tout comme l'impôt sur le revenu. Les taux valent en métropole, hors ACRE et hors meublés de tourisme.
À 30 000 € encaissés dans l'année, le vendeur de marchandises verse 3 690 € et le libéral non réglementé 7 680 € : 3 990 € d'écart pour un travail de valeur identique.
C'est le premier chiffre à intégrer dans un tarif.
Le calcul, et ce qu'il ne comprend pas
Le calcul tient en une multiplication. Un développeur indépendant non réglementé qui encaisse 30 000 € en 2026 paie 30 000 × 25,6 %, soit 7 680 € sur l'année.
Un abonnement logiciel ou un billet de train ne font pas baisser ce montant d'un centime.
D'où le réflexe qui évite la mauvaise surprise des deux mille euros du début : mettre de côté la part due le jour même de l'encaissement, et ne compter comme vôtre que ce qui reste.
Le taux affiché n'est pas tout ce que l'Urssaf prélève.
La CFP s'y ajoute (0,1 % pour les commerçants, 0,2 % pour les libéraux, 0,3 % pour les artisans en 2026), due dès lors que vous avez déclaré un chiffre d'affaires positif l'année civile précédente, et que l'Acre n'exonère pas.
S'y ajoute aussi la Taxe de chambre consulaire, due seulement à compter de la deuxième année d'activité et au-delà de 5 000 € de chiffre d'affaires, et plus élevée dans le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la Moselle.
Un artisan prestataire hors Alsace-Moselle paie donc 21,2 + 0,3 + 0,48 = 21,98 % de son chiffre d'affaires.
Reste la confusion qui coûte le plus cher : cotisations et impôt sont deux prélèvements distincts. Les 25,6 % de notre développeur ne contiennent aucun impôt sur le revenu.
Celui-ci se règle séparément, au barème après abattement forfaitaire, ou par le versement libératoire pour qui y a droit.
Ce que ce forfait achète
Derrière le taux unique se cachent six cotisations, dont la répartition change au 1er janvier 2026 : la CSG-CRDS recule au profit des lignes qui ouvrent des droits.
Pour la vente, les prestations BIC et la Cipav, dont le taux global n'a pas bougé, le prélèvement reste identique et les droits acquis augmentent.
Sur 100 € versés en 2026 par un micro-entrepreneur BNC du régime général, 46,40 € vont à la retraite de base, 21,00 € à la retraite complémentaire et 25,20 € à la CSG-CRDS, le solde couvrant la maladie, les indemnités journalières et l'invalidité-décès.
Nuance à ne pas inverser : en BNC, la part de la retraite de base baisse (47,60 % du forfait en 2025, 46,40 % en 2026), et c'est le montant en euros qui progresse, parce que le taux global a augmenté.
La Validation de trimestre suit une règle unique : quatre trimestres au maximum par année civile, un trimestre par tranche de revenu cotisé égale à 150 heures de SMIC horaire au 1er janvier de l'année.
Cela revient à 1 803 € pour 2026, soit 150 × 12,02 €, le SMIC en vigueur au 1er janvier 2026. C'est un montant calculé et non publié comme tel.
La revalorisation du SMIC au 1er juin 2026 ne rejoue pas sur les trimestres de l'année en cours.
En dehors des professions libérales réglementées, l'administration ne publie plus de montant de chiffre d'affaires par activité : le nombre de trimestres dépend du revenu reconstitué à partir des cotisations effectivement payées, et le relevé de carrière fait foi.
Pour la Cipav, l'Urssaf publie en 2026 un tableau : 2 792 € valident un trimestre, 11 168 € en valident quatre.
Questions fréquentes
Faut-il déclarer un trimestre sans aucun encaissement ?
Oui, la déclaration reste obligatoire : vous saisissez 0 € et vous ne payez rien.
En revanche une période sans chiffre d'affaires n'ouvre aucun droit, et une Acre demandée trop tôt se consomme quand même, sa période d'exonération courant même en l'absence de recettes.
Combien coûte une activité créée en 2026 avec l'Acre ?
Pour une activité créée jusqu'au 30 juin 2026, un micro-entrepreneur BNC cotise à 12,8 %.
À compter du 1er juillet 2026, il cotise à 19,2 % : le taux payé passe à 75 % du taux plein, donc l'exonération réelle tombe de 50 % à 25 %.
La demande se dépose auprès de l'Urssaf dans les 60 jours suivant le début d'activité.
L'Acre fait-elle perdre des droits à la retraite ?
Non : les droits se calculent sur le forfait qui aurait été dû sans elle, à une condition qui n'est jamais facultative, être à jour du paiement de ses cotisations.
Un impayé, lui, fait bel et bien perdre des trimestres.
Le taux augmente-t-il quand le chiffre d'affaires grimpe ?
Non, le forfait est strictement proportionnel : le taux reste le même à 5 000 € comme à 80 000 € encaissés.
Ce qui change en franchissant certains montants, c'est la TVA, puis, après deux années consécutives de dépassement du plafond, l'appartenance au régime micro.
Taux en vigueur en 2026, vérifiés au 5 septembre 2026.