Les plafonds de chiffre d'affaires en micro-entreprise

203 100 € et 83 600 € pour 2026 à 2028, la règle des deux années consécutives, et pourquoi un dépassement isolé ne fait sortir personne du régime micro.
8 min de lectureInformations vérifiées le 25 septembre 2026
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Définition

Un développeur indépendant ouvre son tableau de suivi un soir de novembre : 71 000 € encaissés depuis janvier, deux missions signées d'ici Noël.

La question arrive toute seule, et elle est mal posée : « est-ce que je vais exploser le plafond ? » Ce qui l'attend n'est ni une amende, ni une fermeture, ni un rappel de cotisations.

C'est une comparaison, faite sur deux années, dont le résultat peut le faire changer de régime au 1er janvier suivant.

Le plafond de chiffre d'affaires est le montant de Chiffre d'affaires hors taxes au-delà duquel le régime micro cesse de s'appliquer.

Pour les années 2026 à 2028, il vaut 203 100 € pour la vente de marchandises et l'hôtellerie, et 83 600 € pour les prestations de services, les activités libérales et les locations meublées.

Ces deux montants figurent au barème publié par l'administration fiscale au Bulletin officiel des finances publiques, actualisé le 19 août 2026.

Le chiffre retenu est celui qui a été effectivement encaissé pendant l'année civile, et non celui qui a été facturé : une facture de décembre payée en janvier compte sur l'année suivante.

C'est la règle de l'Encaissement, et elle déplace bien plus de dossiers qu'on ne l'imagine autour du 31 décembre.


Deux plafonds, et une activité mixte qui doit respecter les deux

Prenons un menuisier en activité en 2026. Il vend des meubles qu'il fabrique et il facture la pose chez le client : deux natures d'activité, donc deux lignes à suivre séparément.

Sur l'année, il encaisse 50 000 € de meubles et 100 000 € de pose, soit 150 000 € au total.

Ce qu'il encaisse en 2026MontantCe qu'il doit respecter
Vente de meubles50 000 €Compte dans le total
Pose chez le client100 000 €83 600 € : franchi
Total encaissé150 000 €203 100 € : respecté

Son total reste très en dessous de 203 100 €, et il est pourtant en dépassement.

En activité mixte, les deux conditions se cumulent : 203 100 € au global, et 83 600 € au maximum pour la part prestations de services.

Ses 100 000 € de pose franchissent la seconde, ce que la lecture du seul total ne montre jamais.

Une exception à connaître : un professionnel libéral réglementé affilié à la Cipav est plafonné à 83 600 € de chiffre d'affaires global, activité mixte comprise.


Un dépassement ne fait sortir personne du régime

C'est le point le plus rassurant du sujet, et le moins connu.

Le régime micro ne cesse que si le plafond a été franchi en N-1 et en N-2 : il suffit d'être sous le seuil l'une des deux années pour y rester.

Un commerçant à 220 000 € en 2025 mais 160 000 € en 2024 reste micro-entrepreneur sans discussion.

Quand les deux années dépassent, la sortie prend effet au 1er janvier de l'année qui suit la seconde, jamais en cours de route.

Elle emporte le régime micro-social avec elle : les cotisations se calculent alors sur le revenu réel, avec des cotisations minimales et une régularisation annuelle, et la logique « rien encaissé, rien à payer » disparaît.

Un trimestre sans facture se paie quand même. La mécanique complète de cette bascule vit dans la fiche Dépassement de plafond.

Elle n'a d'ailleurs rien de définitif : si le chiffre d'affaires repasse sous le seuil, le régime réel s'applique encore l'année de la redescente, puis le micro revient de plein droit l'année suivante.

Attention

Le plafond de 203 100 € vise la vente de marchandises et l'hôtellerie, à l'exclusion expresse des locations de locaux d'habitation meublés.

Si vous louez un gîte classé, une chambre d'hôtes ou un meublé d'habitation, vous relevez des 83 600 €, soit 2,4 fois moins.

C'est l'erreur la plus coûteuse du sujet, et elle circule sous la formule trompeuse de « fourniture de logement ».


Le plafond n'est pas le seuil de TVA, ni un revenu

Deux chiffres, deux mondes qui ne communiquent pas. Franchir un seuil de TVA ne fait pas perdre le statut de micro-entrepreneur, et l'inverse est vrai aussi.

Pour un prestataire, l'écart saute aux yeux : la Franchise en base de TVA s'arrête à 37 500 € de chiffre d'affaires de l'année précédente en 2026, quand le plafond micro tient jusqu'à 83 600 €.

Un freelance à 45 000 € facture donc la TVA tout en restant micro-entrepreneur.

Attention à un sous-entendu répandu : ces 37 500 € sont un sous-plafond réservé aux services, auquel s'ajoute, toujours en 2026, un plafond de 85 000 € portant sur le chiffre d'affaires national total de l'année précédente, toutes activités confondues.

Les montants et les dates d'effet sont détaillés dans la fiche Seuil de TVA.

Seconde confusion à écarter : le plafond porte sur ce qui entre, pas sur ce qui reste.

L'administration retire un Abattement forfaitaire avant de calculer l'impôt, 71 %, 50 % ou 34 % selon l'activité en 2026, et ce pourcentage ne change rien au plafond.

Un consultant en BNC qui encaisse 83 600 € en 2026 est au plafond, quel que soit le bénéfice imposable qui en ressort.

C'est d'ailleurs cet abattement, et non le plafond, qui sépare une activité libérale d'une prestation de services commerciale : les deux s'arrêtent au même 83 600 € en 2026, et seul le pourcentage retiré change, 34 % d'un côté contre 50 % de l'autre.


Ce qui se passe la première année

Si vous vous êtes lancé en cours d'année, vous ne vous comparez pas à un plafond entier : celui-ci se proratise sur vos jours d'existence.

Une activité de prestations démarrée le 1er mars 2026 compte 306 jours, soit 83 600 × 306 / 365 = 70 087 €, exemple donné par l'Urssaf elle-même.

Les entreprises saisonnières, dont l'activité ne peut par nature s'exercer qu'une partie de l'année, en sont dispensées.

Ce prorata n'a pourtant aucune conséquence sur le régime de l'année de création.

Le micro s'applique de plein droit l'année de création et l'année suivante, quel que soit le chiffre d'affaires, faute d'année de référence à comparer.

Un créateur du mois d'août qui encaisse 100 000 € en cinq mois reste au micro cette année-là et la suivante.


Questions fréquentes

Question

Pourquoi lit-on encore 188 700 € et 77 700 € un peu partout ?

Parce que ces montants étaient les bons pour la période 2023-2025.

Les nouveaux n'ont été publiés par l'Urssaf que le 20 février 2026, la loi de finances ayant été promulguée tardivement, alors qu'ils s'appliquent depuis le 1er janvier.

Plusieurs pages officielles affichent encore les anciens chiffres sur des contenus pourtant datés de 2026 : le barème du BOFiP est celui qui fait foi.


Question

Les plafonds sont-ils revalorisés chaque année ?

Non, et c'est une différence nette avec le barème de l'impôt.

L'actualisation intervient tous les trois ans, dans la proportion de l'évolution triennale de la première tranche du barème de l'impôt sur le revenu, arrondie à la centaine d'euros la plus proche.

Ce mécanisme est automatique et inscrit dans le code général des impôts : la hausse de 2026 n'a pas été décidée par la loi de finances, qui n'a fait qu'en retarder la publication.

Les montants en vigueur sont annoncés pour les années 2026 à 2028, et la prochaine actualisation suivra ce même rythme triennal, à un montant qui n'est pas connu à ce jour.


Question

En 2026, à quel seuil se compare le chiffre d'affaires de 2025 ?

Aux nouveaux seuils, pas à ceux qui étaient publiés à l'époque. Le chiffre d'affaires des années de référence se compare toujours aux montants fixés pour l'année en cours.

Un prestataire à 80 000 € en 2025 se situe donc sous le seuil applicable en 2026 : aucun dépassement à comptabiliser.

C'est le point le plus contre-intuitif du dossier, et il change la réponse dans tous les cas limites.


Question

Les meublés de tourisme non classés ont-ils un plafond à part ?

Oui, et il ne ressemble à aucun autre : 15 000 € côté fiscal, avec un abattement de 30 % pour les revenus 2025 déclarés en 2026.

C'est aussi le seul seuil que l'actualisation triennale ne touche pas : il est identique en 2025 et pour 2026 à 2028.

Côté social, l'activité est sortie du régime auto-entrepreneur au 1er janvier 2026 et bascule au régime réel des travailleurs indépendants.

Les deux moitiés se lisent ensemble, sous peine de comprendre l'inverse de ce qui s'applique.


Simulateur de plafonds dit si vous sortez vraiment du régime, ce qui demande deux années de dépassement et non une.

Les outils qui vont plus loin

Combien facturer

Vous partez de ce que vous voulez garder chaque mois, et vous repartez avec votre tarif par jour : cotisations, impôt, frais, vacances et jours fériés compris.

Combien d'abonnés pour votre SaaS

Vous partez de votre prix et de ce que vous voulez garder chaque mois, et vous repartez avec le nombre d'abonnés payants qu'il vous faut en micro-entreprise, en EURL ou en SASU : Stripe, cotisations, impôt et résiliations compris.

Micro, réel ou société

Indiquez votre chiffre d'affaires et vos dépenses. Vous verrez ce qu'il vous reste dans chacun des quatre régimes, et à partir de quel niveau de dépenses le réel passe devant la micro.

Quand quitter la micro

Indiquez votre chiffre d'affaires et vos dépenses. Vous saurez à partir de quel montant de dépenses quitter la micro vous rapporte, à quel chiffre d'affaires vous y arriverez, et comment ce seuil évolue.

Votre trajectoire sur cinq ans

Indiquez votre chiffre d'affaires, sa croissance et ce dont vous vivez. Vous verrez, année par année sur cinq ans, le statut qui vous laisse le plus, l'année où la micro se ferme, celle où vous facturez la TVA, et celle où une holding commence à compter.

Simulateur de plafonds

Le régime ne cesse qu'après deux années de dépassement consécutives, et le plafond proratisé de la première année ne fait sortir de rien. Deux règles que presque tous les simulateurs écrivent de travers.

Déclaration d'activité de formation

Trois questions pour savoir si la déclaration vous concerne et si elle peut déjà partir, puis la présentation d'activité que l'arrêté impose aux micro-entrepreneurs, rubrique par rubrique.

Termes connexes

Découvrez notre glossaire de la micro-entreprise

Tous les mots de la micro-entreprise expliqués simplement : cotisations, plafonds, TVA, impôts, facturation. Des définitions à jour, avec les chiffres de l'année et ce qu'ils changent pour vous.

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