Définition
Le printemps arrive, votre déclaration de revenus s'ouvre en ligne, et vous parcourez les rubriques habituelles : salaires, revenus fonciers, dons.
Nulle part une ligne pour les 24 000 € encaissés grâce à votre activité. C'est normal : elle vit sur une annexe qu'il faut demander, la 2042-C-PRO.
La 2042-C-PRO est la déclaration complémentaire des revenus des professions non salariées.
Elle accompagne la déclaration principale, la 2042, et c'est là que le micro-entrepreneur reporte son Chiffre d'affaires annuel.
Dans la déclaration en ligne, elle n'apparaît qu'après avoir coché la rubrique des revenus des professions non salariées, à l'étape du choix des rubriques.
Personne ne vous la propose spontanément. C'est la première raison pour laquelle des micro-entrepreneurs terminent leur déclaration sans avoir rien déclaré du tout.
Ce formulaire ne calcule rien.
Vous y portez votre chiffre d'affaires brut, jamais votre bénéfice, et l'administration applique ensuite elle-même l'Abattement forfaitaire attaché à la rubrique remplie.
C'est tout le mécanisme du Régime micro-fiscal : un chiffre déclaré, un pourcentage retiré automatiquement, aucun justificatif à fournir.
Ce que vous inscrivez, déroulé sur 24 000 €
Prenons une prestataire de services relevant des BIC (bénéfices industriels et commerciaux) qui a encaissé 24 000 € sur l'année civile.
Sur la 2042-C-PRO, elle inscrit 24 000 €, et rien d'autre. L'administration retire l'abattement de 50 % applicable en 2026 aux prestations de services BIC, soit 12 000 €.
Ce sont ces 12 000 € de bénéfice imposable, et eux seuls, qui rejoignent les autres revenus du foyer et passent au barème progressif.
La même somme encaissée en activité libérale relevant des BNC (bénéfices non commerciaux) donnerait 34 % d'abattement en 2026, donc 15 840 € imposables, et 71 % en vente de marchandises, donc 6 960 €.
Le montant écrit reste identique dans les trois cas : c'est la rubrique choisie qui change le résultat.
Un plancher discret complète le dispositif, l'abattement ne descendant jamais sous 305 € en 2026, montant porté à 610 € en activité mixte, ce doublement relevant de la lecture administrative du cumul et non du texte lui-même.
Ne retirez jamais vos frais avant d'écrire le montant. Un graphiste qui a encaissé 24 000 € et dépensé 6 000 € en matériel et en abonnements ne déclare pas 18 000 €, il déclare 24 000 €.
L'abattement est réputé couvrir la totalité de ses charges professionnelles, et les soustraire une seconde fois revient à sous-déclarer ses revenus.
Une précision décide des cas limites de fin d'année : une facture de décembre payée en janvier appartient à l'année suivante, parce que c'est la date d'Encaissement qui commande, et jamais la date de facturation.
Le versement libératoire ne dispense de rien
C'est l'erreur la plus répandue sur ce formulaire.
Beaucoup de micro-entrepreneurs ayant opté pour le Versement libératoire croient leur impôt soldé, puisqu'ils ont déjà versé quelque chose à chaque déclaration de l'année.
Aux taux en vigueur en 2026, cela représente 1 % du chiffre d'affaires en vente de marchandises, 1,7 % en prestations de services BIC et 2,2 % en activité libérale BNC.
Ces taux ne couvrent que l'impôt sur le revenu, les cotisations sociales s'ajoutant par-dessus et pesant bien plus lourd. Ils ne remplissent donc rien au printemps.
La 2042-C-PRO est obligatoire avec ou sans versement libératoire, et même à chiffre d'affaires nul. Avec l'option, le chiffre d'affaires se porte dans le cadre réservé aux micro-entrepreneurs ayant opté pour le prélèvement libératoire, comme l'indique la page de la DGFiP consacrée au dispositif.
Ce report n'entraîne aucune seconde imposition.
Il sert à trois choses : le calcul du taux effectif d'imposition du foyer, le revenu fiscal de référence et le plafond d'épargne retraite.
Le revenu fiscal de référence n'a rien d'un détail administratif, puisqu'il conditionne l'accès à des aides, à des tarifs sociaux, et le droit de conserver le versement libératoire les années suivantes.
Ce droit se juge d'ailleurs sur le revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année, jamais sur celui de l'année écoulée. Une année passée sous silence le fausse durablement.
Deux déclarations que tout oppose
La Déclaration de chiffre d'affaires adressée à l'URSSAF et la 2042-C-PRO portent le même chiffre, mais ne servent pas au même calcul.
La première, mensuelle ou trimestrielle, déclenche vos cotisations sociales ; la seconde, annuelle, déclenche votre impôt sur le revenu. Deux administrations, deux calendriers, et aucune ne remplit l'autre à votre place.
D'où une vérification simple avant de valider : le chiffre d'affaires déclaré à l'URSSAF au titre des périodes de l'année civile doit correspondre au montant porté sur la 2042-C-PRO, les deux reposant sur le chiffre d'affaires encaissé.
Une déclaration trimestrielle déposée en janvier porte encore sur l'année qui vient de s'achever : c'est elle qu'il faut compter, et non le mois de son dépôt.
Sans versement libératoire, ce report alimente le Prélèvement à la source : l'administration recalcule vos acomptes à partir du bénéfice qu'elle vient de reconstituer, puis les prélève sur votre compte bancaire.
Le calendrier de la campagne déclarative, qui varie selon le département de résidence, est publié chaque année sur impots.gouv.fr.
Questions fréquentes
Dois-je déclarer si je n'ai rien encaissé cette année ?
Oui. La déclaration reste obligatoire même à chiffre d'affaires nul, et elle se remplit alors avec un zéro.
Une activité créée mais restée sans client se déclare exactement comme une autre, faute de quoi votre revenu fiscal de référence sera calculé sur une situation incomplète.
Où trouver la 2042-C-PRO dans la déclaration en ligne ?
À l'étape qui propose de sélectionner les rubriques concernées, en cochant celle des revenus des professions non salariées. L'annexe s'ajoute alors au parcours.
Sans cette case, la déclaration se termine normalement, sans jamais réclamer votre chiffre d'affaires.
Je suis salarié et micro-entrepreneur, dois-je faire deux déclarations ?
Non, une seule déclaration de revenus, avec cette annexe en plus.
Vos salaires y sont préremplis par l'employeur, votre chiffre d'affaires ne l'est jamais : il vous revient de l'ajouter, sur la ligne correspondant à la catégorie de votre activité.
Que se passe-t-il si je me trompe de rubrique ?
L'administration applique l'abattement de la rubrique remplie, pas celui de votre activité réelle.
Déclarer 24 000 € de prestations libérales sur la ligne des ventes ferait passer l'abattement de 34 % à 71 % en 2026, donc le bénéfice imposable de 15 840 € à 6 960 € : une déclaration rectificative s'impose.