Définition
Le premier vrai client arrive, la mission est calée, et son service comptable réclame une seule chose avant de créer votre fiche fournisseur : votre numéro SIRET.
Vous avez déclaré votre activité douze jours plus tôt, aucun courrier n'est arrivé, et personne ne vous a expliqué si ce numéro se demande, s'achète ou se reçoit.
Le SIRET est l'identifiant de votre établissement dans le répertoire SIRENE, tenu par l'INSEE.
Il se lit en deux morceaux : votre numéro SIREN, neuf chiffres qui désignent l'entreprise, puis un NIC de cinq chiffres qui désigne le lieu où elle exerce.
Quatorze chiffres au total, attribués sans démarche supplémentaire après votre déclaration au Guichet unique, en même temps que votre code APE.
Le SIREN identifie l'entreprise, le SIRET identifie un établissement, c'est-à-dire une adresse d'exercice.
La plupart des micro-entrepreneurs n'en ont qu'un seul, confondent les deux sans dommage, et découvrent la différence le jour où l'un des deux change et pas l'autre.
Ce qu'on vous en demande
Le SIRET n'est pas un document à ranger, c'est une mention qui doit apparaître.
La loi range votre numéro d'identification parmi les Mentions obligatoires d'une facture.
Dans les faits, c'est le SIRET que réclament les clients professionnels, les portails fournisseurs et les plateformes qui vous rémunèrent.
Il désigne en effet un établissement précis, et pas seulement une entreprise.
On vous le demande aussi à l'ouverture d'un compte bancaire dédié.
Une facture sans SIRET n'est pas nulle pour autant, mais elle offre au client une raison commode de la laisser au fond de la pile.
Ce numéro ne fait pas tout, en revanche.
Un SIRET n'est pas un numéro de TVA. Le numéro de TVA intracommunautaire est un autre identifiant, délivré par votre service des impôts des entreprises sur demande et jamais automatiquement.
Son obtention est entièrement gratuite. Les courriers qui proposent de s'en charger contre paiement vendent un service, pas une obligation.
Beaucoup de micro-entrepreneurs n'ont pas davantage d'extrait Kbis à fournir, ce document venant du registre du commerce, où les activités libérales ne sont pas inscrites.
Le justificatif à envoyer, c'est l'Avis de situation SIRENE, téléchargeable gratuitement sur le service en ligne de l'INSEE.
Le calendrier que le SIRET ne commande pas
Prenons une graphiste qui déclare son début d'activité le 5 mars 2026 au guichet unique, en libéral non réglementé, hors Cipav.
Son numéro lui parvient quelques semaines plus tard, et pendant ce délai elle attend. C'est l'erreur : les compteurs, eux, sont partis le 5 mars.
La demande d'ACRE se dépose dans les 60 jours qui suivent la date de début d'activité déclarée, soit au plus tard le 4 mai 2026, sans quoi l'aide est perdue.
Ses cotisations, elles, se calculent sur ce qu'elle encaisse et non sur ce qu'elle a reçu par la poste : sur 3 000 € encaissés en 2026 en prestations libérales relevant des BNC (bénéfices non commerciaux), le taux plein s'élève à 25,6 % en 2026, soit 768 € de cotisations sociales.
Le dossier déposé à temps divise cette note par deux. Une activité créée jusqu'au 30 juin 2026 cotise à 12,8 % en 2026 pendant l'exonération, soit 384 € sur les mêmes encaissements.
L'Acre court ici jusqu'à la fin du troisième trimestre civil qui suit celui du début d'activité, donc jusqu'au 31 décembre 2026.
Une création à compter du 1er juillet 2026 cotise, elle, à 19,2 % en 2026.
Quant à la contribution à la formation professionnelle, 0,2 % pour une profession libérale en 2026, l'Acre ne la couvre jamais : elle est due dès lors qu'un chiffre d'affaires positif a été déclaré l'année civile précédente.
Recevoir son SIRET ne déclenche pas l'horloge de la CFE. Pour un micro-entrepreneur sans salarié, l'année de création au sens de la CFE est la première année où l'activité réalise du chiffre d'affaires, comme le pose la doctrine fiscale publiée au BOFiP.
S'immatriculer en octobre 2026 et facturer pour la première fois en janvier 2027 décale l'exonération de première année sur 2027, et la première imposition sur 2028.
Un avis reçu avant le premier euro encaissé ouvre droit à une demande de dégrèvement auprès du service des impôts des entreprises.
Un numéro public, collé à une adresse
Le répertoire SIRENE est ouvert. N'importe qui peut chercher votre nom dans l'annuaire des entreprises et lire votre SIRET, votre code APE et l'adresse déclarée.
Quand la Domiciliation retenue est le domicile personnel, ce qui reste le cas le plus fréquent en micro-entreprise, c'est l'adresse du salon qui s'affiche à l'écran.
Votre SIRET est public, et l'adresse qui l'accompagne l'est aussi. L'INSEE permet de demander le statut non diffusible, qui retire vos données des fichiers rediffusés, depuis son service en ligne dédié.
La démarche reste possible à tout moment, mais elle ne rattrape pas les copies déjà aspirées par les annuaires privés : il vaut mieux y penser avant la première facture qu'après le premier démarchage.
Dernier point que presque personne n'anticipe : ce numéro n'est pas donné à vie.
Un déménagement ferme l'établissement d'origine et en ouvre un autre, le NIC change, donc le SIRET change, pendant que le SIREN reste identique.
C'est pour cette raison qu'un client fidèle depuis trois ans peut détenir un numéro périmé dans son logiciel de facturation, et qu'un changement d'adresse se déclare au guichet unique comme les autres modifications.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre le SIREN et le SIRET ?
Le SIREN compte neuf chiffres et identifie l'entreprise pendant toute sa vie.
Le SIRET en compte quatorze : le SIREN, suivi d'un NIC de cinq chiffres qui identifie l'établissement, donc l'adresse d'exercice.
Une entreprise possède un seul SIREN et autant de SIRET que d'établissements ouverts.
Que faire tant que mon SIRET n'est pas arrivé ?
Avancer, et surtout ne pas laisser filer les délais. La demande d'ACRE court à partir de la date de début d'activité déclarée au guichet unique, pas à partir de la réception du numéro.
Prévenez le client que le numéro suit, et attendez-le pour éditer la facture définitive si son service comptable l'exige.
Le SIRET doit-il figurer sur mes factures ?
Faites-le systématiquement.
La loi impose le numéro d'identification de l'entreprise parmi les mentions obligatoires d'une facture, au même titre que votre nom et votre adresse ; les clients professionnels et les portails fournisseurs, eux, réclament le SIRET, plus précis puisqu'il désigne l'établissement.
Un devis obéit à la même logique, puisqu'il sert souvent de base au bon de commande.
Mon SIRET change-t-il si je déménage ?
Oui, et c'est normal.
Le NIC identifie l'établissement, c'est-à-dire l'adresse : changer de local ou de domicile professionnel ferme un établissement et en ouvre un nouveau, avec un nouveau SIRET à la clé.
Le SIREN, lui, ne bouge pas, et votre entreprise reste la même.