Définition
Deux développeurs lancent leur activité à trois semaines d'écart, l'une fin juin 2026, l'autre début juillet. Même métier, même tarif, 15 000 € encaissés chacune sur la période aidée.
Le second versera pourtant près de mille euros de cotisations de plus que la première. Rien dans leur dossier ne les distingue : c'est la date de début d'activité qui décide, et elle seule.
L'ACRE, l'aide à la création ou à la reprise d'une entreprise, est une réduction des Cotisations sociales accordée en début d'activité.
Elle ne verse aucun euro : elle abaisse le taux que vous appliquez à votre Chiffre d'affaires encaissé pendant les premiers trimestres.
L'exonération porte sur la maladie-maternité, les indemnités journalières, la retraite de base, l'invalidité-décès et les allocations familiales.
La CSG-CRDS, la contribution à la formation professionnelle et la retraite complémentaire, elles, restent dues.
Ce plancher non exonéré explique une bizarrerie du tableau qui suit : pour les créations d'avant le 1er juillet 2026, le taux réduit d'un affilié à la Cipav n'est pas la moitié de son taux plein, il est plus élevé.
Ce qui a changé le 1er juillet 2026
L'ACRE que décrivent la plupart des pages en ligne n'existe plus pour les nouveaux créateurs.
Elle divise toujours les cotisations par deux pour qui a déclaré son début d'activité au plus tard le 30 juin 2026, et jusqu'au bout de sa période : le taux suit la date de création, pas l'année en cours.
Mais pour les activités créées à compter du 1er juillet 2026, le taux payé s'établit à 75 % du taux plein, arrondi au dixième de point supérieur, en application du décret n° 2026-69 du 6 février 2026.
Voici les taux applicables en métropole, tels que le portail auto-entrepreneur de l'URSSAF les publie en 2026.
| Activité déclarée | Taux plein 2026 | ACRE, création jusqu'au 30/06/2026 | ACRE, création à partir du 01/07/2026 |
|---|---|---|---|
| Vente de marchandises, restauration, hébergement | 12,3 % | 6,2 % | 9,3 % |
| Prestations de services commerciales et artisanales (BIC) | 21,2 % | 10,6 % | 15,9 % |
| Libéraux non réglementés du régime général | 25,6 % | 12,8 % | 19,2 % |
| Libéraux réglementés affiliés à la Cipav | 23,2 % | 13,4 % | 17,4 % |
| Meublés de tourisme classés | 6 % | 3 % | 4,5 % |
Le mot d'ordre de cette réforme est un piège de vocabulaire, et il vient des textes eux-mêmes.
La circulaire de la Cnav écrit que « la réduction s'élève à 75 % du taux global ».
Ses propres tableaux disent l'inverse de ce que la phrase laisse croire : 75 % désigne le taux payé, pas la part effacée.
L'exonération ne monte pas à 75 %, elle tombe de 50 % à 25 %. Un prestataire BNC qui démarre en juin 2026 cotise à 12,8 %, le même qui démarre en juillet à 19,2 %.
Le curseur ci-dessous ne déplace qu'une seule variable, le mois de création, et laisse tout le reste identique.
Économisé : 1 920 €
Début avant le 1er juillet 2026 : l'exonération est de 50 %.
L'ACRE court jusqu'à la fin du troisième trimestre civil qui suit celui du début d'activité, et sa durée ne dépend pas du chiffre d'affaires réalisé : elle s'épuise même si vous ne facturez rien. Depuis le 1er janvier 2026, elle doit être demandée à l'URSSAF, dans les soixante jours suivant le début d'activité.
Sur 15 000 € encaissés pendant la période aidée, un libéral non réglementé paie 1 920 € s'il a démarré en juin 2026 (15 000 × 12,8 %) et 2 880 € s'il a démarré en juillet (15 000 × 19,2 %).
Sans ACRE, il aurait versé 3 840 €. La réforme ne supprime pas l'aide : elle ramène l'économie de 1 920 € à 960 € sur la même période.
Une durée qui se compte en trimestres, et qui se gaspille
« L'ACRE dure douze mois » est vrai hors du régime micro et faux dedans.
Pour un micro-entrepreneur, le taux réduit court jusqu'à la fin du troisième trimestre civil qui suit celui du début d'activité, soit de neuf à douze mois selon la date.
Un début le 30 septembre 2026 s'arrête au 30 juin 2027 : neuf mois tout ronds. Un début le 1er octobre 2026 court jusqu'au 30 septembre 2027, douze mois pleins.
Démarrer au premier jour d'un trimestre civil vaut donc, à situation identique, un trimestre d'aide de plus.
Depuis le 1er janvier 2026, l'ACRE ne s'accorde plus d'office : elle se demande à l'Urssaf dans les 60 jours suivant la date de début d'activité déclarée au Guichet unique, sous peine d'être perdue.
N'attendez pas l'attestation d'affiliation, qui arrive plusieurs semaines plus tard.
Et ne la demandez pas avant d'avoir une activité réelle : la période d'exonération court même si votre chiffre d'affaires est nul, et il faut ensuite attendre trois ans pour en rebénéficier.
L'Urssaf dispose d'un mois à compter de la réception de la demande pour répondre. Sans réponse dans ce délai, l'ACRE est présumée acceptée.
Présumée, et non accordée : une présomption peut être renversée lors d'un contrôle, ce qui vaut la peine de conserver les justificatifs du critère invoqué.
Ce que l'ACRE n'est pas
Trois confusions reviennent sans cesse.
L'ACRE n'est pas l'ARCE : cette dernière, versée par France Travail, transforme une partie du reliquat d'allocation chômage en capital et ne touche pas aux cotisations.
Une seule lettre les sépare, rien d'autre.
L'ACRE n'est pas davantage une réduction d'impôt. Elle allège les cotisations sociales, jamais l'impôt sur le revenu, qui se calcule à part et reste dû en totalité.
Enfin, les seuils de 36 045 € et 48 060 € que l'on lit un peu partout ne concernent pas le régime micro.
Ils visent les travailleurs indépendants au réel, pour qui l'ACRE dure douze mois et vaut 25 % des cotisations jusqu'à 36 045 € de revenus en 2026, avant de diminuer progressivement jusqu'à s'annuler à 48 060 €, le plafond annuel de la Sécurité sociale pour 2026.
Ces deux publics n'ont d'ailleurs pas basculé le même jour : au réel, l'exonération est tombée à 25 % dès le 1er janvier 2026, quand le régime micro n'a changé que le 1er juillet.
Un micro-entrepreneur applique un taux forfaitaire minoré à la totalité de son chiffre d'affaires, sans plafond de revenus qui lui soit propre.
Questions fréquentes
Qui a droit à l'ACRE en 2026 ?
Depuis le 1er janvier 2026, il faut relever d'une des catégories de l'article L5141-1 du code du travail, ou exercer en zone France ruralités revitalisation, ZFRR comme ZFRR+, selon les nouvelles règles publiées par l'Urssaf.
Cette condition ne visait auparavant que les micro-entrepreneurs : elle s'applique désormais à tous les travailleurs indépendants.
Chaque critère se justifie par une pièce, et la liste se lit dans l'article lui-même plutôt que dans un résumé.
Peut-on bénéficier de l'ACRE deux fois ?
Pas avant trois ans. La condition est de ne pas en avoir bénéficié au cours des trois années précédentes, décomptées depuis la fin du bénéfice précédent et non depuis la création précédente.
Une reprise d'activité ajoute un délai de carence d'une année civile. Ni un changement de lieu d'exercice ni une modification des conditions d'exercice ne valent début d'activité.
L'ACRE fait-elle perdre des trimestres de retraite ?
Non. Les droits sont calculés sur le forfait qui aurait été dû sans elle, si bien que la Retraite de base ne perd pas un trimestre.
Une condition n'est jamais facultative pour autant : être à jour du paiement de ses cotisations. L'ACRE ne coûte aucun droit, un impayé si.
L'ACRE vaut-elle encore le détour après le 1er juillet 2026 ?
Oui : un quart de cotisations en moins pendant neuf à douze mois reste un quart, soit 960 € gardés sur 15 000 € encaissés en libéral non réglementé, pour une demande qui prend quelques minutes.
Le seul vrai calcul porte sur la date : mieux vaut retarder la déclaration de début d'activité que consommer l'aide à vide. Valeurs 2026, fiche à jour au 5 septembre 2026.
Demande d'ACRE (formulaire Urssaf) vérifie le délai de soixante jours et remplit l'imprimé de l'Urssaf ; Simulateur ACRE chiffre ce que l'aide vous laisse.