Le prélèvement à la source en micro-entreprise : acomptes et régularisation

Aucun client ne retient l'impôt sur vos factures : l'administration prélève un acompte calculé sur une année déjà déclarée. Voici comment il se calcule.
5 min de lectureInformations vérifiées le 25 septembre 2026
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Définition

Premier virement d'un client : 2 500 €, la somme entière, rien n'a été retenu.

L'ancien salarié qui voyait son impôt disparaître de sa fiche de paie avant même d'être payé cherche la ligne équivalente, et ne la trouve nulle part.

Beaucoup en concluent que la micro-entreprise échappe au prélèvement à la source. Elle n'y échappe pas, elle le paie autrement.

Le prélèvement à la source est le mode de paiement de l'impôt sur le revenu en France. Pour un salarié, l'employeur retient l'impôt sur le salaire et le reverse.

Pour un micro-entrepreneur, personne ne retient rien : c'est l'administration fiscale qui prélève sur votre compte bancaire un acompte qu'elle a calculé elle-même, chaque mois par défaut, ou par trimestre si vous demandez cette option dans votre espace particulier.

Vos clients, eux, ne sont jamais concernés : ils vous règlent le montant entier de la facture.


Sur quoi l'acompte est calculé

L'acompte ne porte pas sur votre Chiffre d'affaires, mais sur le bénéfice que l'administration reconstitue à partir de lui.

Elle applique pour cela l'Abattement forfaitaire de votre catégorie. Il vaut en 2026 34 % pour une activité libérale relevant des BNC.

Il monte à 50 % pour les prestations de services relevant des BIC, les bénéfices industriels et commerciaux, ainsi que pour les meublés de tourisme classés et les chambres d'hôtes.

Il atteint 71 % pour la seule vente de marchandises et l'hébergement hôtelier.

Le calcul se déroule sous vos yeux. Vous encaissez 30 000 € en activité libérale sur l'année 2026, puis vous les portez au printemps suivant sur votre Déclaration 2042-C-PRO.

L'administration retire l'abattement de 34 %, soit 10 200 €, et retient un bénéfice imposable de 19 800 €.

C'est ce montant, ajouté aux autres revenus du foyer, qui passe dans le barème progressif et qui sert ensuite de base aux acomptes.

Un acompte reflète toujours une année déjà déclarée : celui qui part de votre compte aujourd'hui a été calculé sur ce que vous gagniez hier.


Le piège de la première année

Attention

La première année, aucun acompte n'est prélevé, faute de déclaration antérieure : l'administration ignore encore que votre activité existe.

Beaucoup lisent ce silence comme une absence d'impôt.

L'impôt de cette première année arrive en réalité après votre première déclaration, sous la forme d'un solde à payer, au moment précis où démarrent les acomptes calculés sur elle.

Deux années d'impôt tombent alors en quelques mois.

Mettez de côté dès le premier encaissement, ou demandez vous-même la mise en place d'un acompte dans votre espace particulier sur impots.gouv.fr.

Le même décalage joue dans l'autre sens quand l'activité ralentit : vos acomptes continuent d'être calculés sur une bonne année passée.

Vous pouvez les moduler à la baisse à tout moment depuis votre espace particulier.

Et l'administration régularise de toute façon l'ensemble après la déclaration annuelle : le trop-prélevé vous est remboursé, le manque est appelé en complément.


Trois prélèvements que l'on confond

Le Versement libératoire n'est pas le prélèvement à la source, et c'est la confusion la plus répandue.

Avec cette option, vous payez votre impôt sous la forme d'un pourcentage du chiffre d'affaires déclaré à l'URSSAF, soit en 2026 1 % pour le commerce, la restauration et l'hébergement hôtelier, 1,7 % pour les prestations BIC, les locations meublées et les chambres d'hôtes, 2,2 % pour les BNC.

Ces taux ne couvrent que l'impôt : les cotisations sociales s'y ajoutent. L'impôt est soldé au fil de l'eau, si bien que les revenus couverts par cette option ne donnent plus lieu à acompte.

Elle ne dispense jamais de la déclaration annuelle, et un foyer qui a d'autres revenus garde son prélèvement à la source sur ceux-là : le détail des échéances figure dans votre espace particulier.

Les conditions et les taux de l'option sont détaillés par la fiche officielle du régime micro-fiscal.

Les Cotisations sociales ne sont pas de l'impôt non plus. Elles se paient à l'URSSAF, sur le chiffre d'affaires, selon un rythme qui n'a rien à voir avec celui des acomptes fiscaux.

Un dispositif de prélèvement des cotisations directement par les plateformes est par ailleurs annoncé : il n'est pas encore généralisé, et les modalités seront précisées par l'URSSAF.

Le nom se ressemble, l'objet est tout autre.


Questions fréquentes

Question

Mes clients doivent-ils retenir l'impôt sur ce qu'ils me paient ?

Non, jamais. Un client règle le montant entier de la facture, et vous restez seul redevable de votre impôt sur le revenu.

La retenue par un tiers payeur ne concerne que les salaires, les pensions et les remplacements de revenu.


Question

Je viens de créer mon activité et rien n'est prélevé, est-ce normal ?

Oui : l'administration calcule vos acomptes sur une déclaration passée, et vous n'en avez pas encore déposé.

Rien ne part de votre compte tant que ce premier chiffre n'existe pas, mais l'impôt de cette année sera bien dû après votre première déclaration.


Question

Mon acompte est calculé sur une année où j'ai bien mieux gagné, puis-je le baisser ?

Oui, la modulation se demande à tout moment dans votre espace particulier sur impots.gouv.fr, en indiquant le revenu que vous prévoyez pour l'année en cours.

Le calcul est refait pour les échéances restantes, sans attendre la régularisation.


Question

Avec le versement libératoire, ai-je encore quelque chose à déclarer ?

Oui. Le chiffre d'affaires se reporte sur la 2042-C-PRO même sous cette option, dans le cadre réservé aux micro-entrepreneurs concernés.

Ce report n'entraîne pas de seconde imposition : il sert au taux effectif et au revenu fiscal de référence.