Définition
Vous avez lancé votre activité l'an dernier, encaissé vos premières factures, et votre déclaration de revenus arrive.
Nulle part on ne vous réclame vos achats, vos abonnements, votre matériel. Une seule chose vous est demandée : ce que vous avez encaissé. Ce n'est pas un oubli, c'est le régime.
Le régime micro-fiscal est le mode de calcul simplifié de votre bénéfice imposable.
L'administration part du chiffre d'affaires effectivement encaissé dans l'année civile, en retire un pourcentage fixé d'avance, et considère le reste comme votre bénéfice.
Il ne calcule pas votre impôt : il fixe seulement la base sur laquelle l'impôt sera calculé. Ce bénéfice rejoint ensuite les autres revenus de votre foyer et se taxe au barème progressif, exactement comme un salaire.
Rien à demander : le régime s'applique de plein droit tant que votre chiffre d'affaires respecte les plafonds de votre catégorie.
La seule décision qui vous appartient est l'inverse, renoncer au micro pour un régime réel.
Le calcul, déroulé sur 60 000 €
Une créatrice vend des bijoux en ligne et encaisse 60 000 € en 2026. Vente de marchandises : l'Abattement forfaitaire est de 71 % en 2026, soit 42 600 € retirés d'office.
Restent 17 400 € de bénéfice imposable, et c'est ce montant, pas les 60 000 €, qui part sur la Déclaration 2042-C-PRO.
Si les mêmes 60 000 € venaient d'ateliers de création animés pour des particuliers, donc de prestations de services, l'abattement tomberait à 50 % en 2026 : 30 000 € de bénéfice imposable, soit 12 600 € d'écart de base taxable pour un encaissement identique.
Les taux de 71, 50 et 34 % applicables en 2026 figurent sur la fiche officielle du régime micro.
Ces 17 400 € ne sont ni votre revenu, ni ce qu'il vous reste. Vos Cotisations sociales se calculent, elles, sur les 60 000 € encaissés, sans le moindre abattement.
Et si cette créatrice a réellement dépensé 50 000 € en matières premières, l'administration ne lui en reconnaît que 42 600 € : elle paie de l'impôt sur 17 400 € alors qu'elle a gagné 10 000 €.
Une activité qui achète beaucoup a tout intérêt à étudier le Passage au régime réel, où les frais se déduisent pour leur montant exact.
Jusqu'à quand vous y restez
Le régime tient tant que vous respectez le Plafond de chiffre d'affaires de votre catégorie : 203 100 € pour la vente de marchandises et l'hôtellerie, 83 600 € pour les prestations de services et les activités libérales, pour les années 2026 à 2028.
Le mot hôtellerie compte : un gîte classé, une chambre d'hôtes ou un meublé d'habitation ne relèvent pas des 203 100 €, mais bien des 83 600 €.
Un prestataire BIC et un libéral BNC partagent donc le même plafond ; ce qui les sépare vraiment est l'abattement, 50 % contre 34 % en 2026.
Un dépassement isolé ne fait rien perdre : le seuil doit être franchi deux années de suite, en N-1 et en N-2. Un commerçant à 220 000 € en 2025 mais 160 000 € en 2024 reste au micro en 2026.
Quand les deux années dépassent, le passage au régime réel intervient au 1er janvier suivant, et il emporte le régime micro-social avec lui. Le statut d'auto-entrepreneur est perdu.
La logique « rien encaissé, rien à payer » cède la place à des cotisations calculées sur le revenu réel, avec régularisation annuelle.
Deux points rassurent souvent. L'année de création et celle qui suit, le micro s'applique de plein droit quel que soit le chiffre d'affaires, faute d'année de référence à comparer.
Et la sortie n'est jamais définitive : l'année où le chiffre d'affaires repasse sous le seuil, le régime réel reste applicable, mais le micro revient de plein droit l'année d'après.
Ce que le régime micro-fiscal ne règle pas
Il porte sur l'impôt sur le revenu, et sur lui seul.
Le Versement libératoire en est la variante optionnelle : au lieu du barème, l'impôt se règle en pourcentage du chiffre d'affaires à chaque déclaration, 1 %, 1,7 % ou 2,2 % selon l'activité en 2026, à condition que votre revenu fiscal de référence de 2024 ne dépasse pas 29 315 € par part.
Ce pourcentage ne couvre que l'impôt : les cotisations sociales s'y ajoutent, au taux habituel.
Même dans ce cas, le chiffre d'affaires se reporte sur la 2042-C-PRO : l'option ne dispense pas de déclarer.
Le régime micro-fiscal ne dit rien de la TVA. Les deux jeux de seuils sont indépendants, et l'écart est brutal pour un prestataire : la Franchise en base de TVA s'arrête en 2026 à 37 500 € de chiffre d'affaires encaissé l'année précédente, quand le plafond micro tient jusqu'à 83 600 €.
Un freelance qui a encaissé 45 000 € en 2025 reste pleinement micro-entrepreneur en 2026 et facture pourtant la TVA à ses clients.
Et ces 37 500 € sont un sous-plafond, pas un seuil isolé : il faut aussi rester, en 2026, sous 85 000 € de chiffre d'affaires total, toutes activités confondues.
Questions fréquentes
Faut-il demander le régime micro-fiscal à l'administration ?
Non, aucune démarche ni case à cocher : il s'applique de plein droit dès la création, tant que le chiffre d'affaires respecte les plafonds.
La seule option possible est l'inverse, renoncer au micro pour un régime réel, et cette option engage pour l'année entière.
Régime micro-fiscal et régime micro-social, est-ce la même chose ?
Non, ce sont deux volets distincts, l'un pour l'impôt, l'autre pour les cotisations.
Ils sont liés dans un seul sens : perdre le régime micro-fiscal fait perdre le régime micro-social et le statut d'auto-entrepreneur, alors que devenir redevable de la TVA ne change ni l'un ni l'autre.
Je loue un meublé de tourisme non classé : suis-je encore au régime micro ?
Fiscalement oui, mais dans une version réduite : le code général des impôts maintient un micro-BIC jusqu'à 15 000 € de recettes, avec un abattement de 30 % pour les revenus 2025 déclarés en 2026.
Socialement non, puisque depuis le 1er janvier 2026 les entreprises dont c'est l'activité principale relèvent du régime réel des travailleurs indépendants.