Le registre des achats : qui doit le tenir, et ce qu'on y inscrit

Le registre des achats ne concerne que la vente de marchandises et la fourniture de logement. Il enregistre des dépenses qui ne réduisent ni votre impôt ni vos cotisations.
5 min de lectureInformations vérifiées le 26 septembre 2026
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Définition

Vous vendez des bijoux que vous fabriquez, et en décembre vous vous retrouvez avec une boîte à chaussures pleine de factures de perles, de fil et d'enveloppes matelassées.

Personne ne vous a jamais demandé de les déduire, puisque le régime micro ne déduit rien. Alors à quoi servent-elles ?

À remplir un document que le code de commerce vous impose, et dont beaucoup de vendeurs ignorent l'existence jusqu'au jour d'un contrôle.

Le registre des achats est un relevé, récapitulé par année, du détail de ce que vous avez payé à vos fournisseurs.

Il complète le Livre des recettes, que tout micro-entrepreneur tient sans exception.

Celui-ci ne concerne que les activités dont le commerce principal est de vendre des marchandises, objets, fournitures et denrées à emporter ou à consommer sur place, ou de fournir le logement, selon les termes de l'article L123-28 du code de commerce.

Traduction concrète : un commerçant, un vendeur en ligne, un restaurateur, un hôtelier ou un artisan qui revend des matériaux le tient.

Un développeur, un consultant ou un graphiste, dont l'activité est une prestation de services pure, en BIC comme en libéral, n'a rien à tenir de ce côté.


Ce qu'on y inscrit, ligne par ligne

Le registre n'est pas une comptabilité : c'est une liste, tenue dans l'ordre des règlements. Quatre informations suffisent, et elles sont imposées.

ColonneCe qu'on y porte
DateLa date du règlement, pas celle de la commande ni celle de la facture
Mode de paiementLe moyen employé, en distinguant les règlements en espèces des autres
JustificatifLa référence de la pièce : numéro de facture, de ticket, de bon de livraison
MontantLa somme décaissée

Le montant s'inscrit toutes taxes comprises tant que vous relevez de la Franchise en base de TVA : vous ne déduisez aucune TVA sur vos achats, celle que vous payez à vos fournisseurs fait donc partie de votre coût, au même titre que la marchandise.

Le registre se tient sur papier ou sur ordinateur, à condition d'être identifié et daté au moment de sa saisie par un moyen offrant toute garantie de preuve.

Il se range ensuite avec vos factures, pour la durée détaillée dans la fiche Conservation des documents.

Attention

Le registre ne remplace pas les factures d'achat, il y renvoie. Une ligne sans pièce derrière est une ligne invérifiable, et c'est précisément ce qu'un agent vient chercher.

Jeter les justificatifs une fois la ligne saisie vide le registre de sa valeur : il ne prouve plus rien, ni pour vous, ni contre vous.


9 000 € d'achats qui ne réduisent rien

Léa vend ses bijoux en ligne. En 2026, elle encaisse 30 000 € et règle 9 000 € de métal, de perles et d'emballages.

Son registre des achats affiche donc 9 000 €, répartis sur une centaine de lignes. Voici ce que ces 9 000 € changent à ce qu'elle doit.

Ses Cotisations sociales se calculent au taux plein de 12,3 % en 2026, celui de la vente de marchandises en métropole, appliqué aux 30 000 € encaissés, soit 3 690 €.

Ce taux est minoré au démarrage pour qui bénéficie de l'ACRE, et il ne couvre pas tout ce qui part à l'Urssaf : la contribution à la formation professionnelle et la taxe de chambre consulaire s'y ajoutent.

Côté impôt, l'Abattement forfaitaire de 71 % en 2026, celui de la vente de marchandises lui aussi, retire 21 300 € et laisse 8 700 € de bénéfice imposable.

Les 9 000 € n'apparaissent dans aucun des deux calculs. Le forfait est réputé les couvrir, quel que soit leur montant réel.

Le registre des achats ne sert donc pas à réduire ce que vous payez : il sert à ce que l'administration puisse recouper ce qui entre et ce qui sort.

Un stock acheté qui ne ressort nulle part en recettes, c'est la question que le registre pose à votre place.


Deux registres, deux logiques

La confusion la plus fréquente consiste à traiter ce registre comme le journal des charges d'une comptabilité classique.

Il n'en est pas un : en micro-entreprise, il n'y a ni compte annuel, ni bilan, ni résultat à établir, et absolument rien ne s'y déduit.

On y note des dépenses pour mémoire, pas pour les soustraire.

La seconde confusion porte sur les dates.

Le livre des recettes suit les encaissements, jamais les factures émises : une facture de décembre payée en janvier compte sur l'année suivante, et c'est bien ce montant encaissé qui se compare au plafond du régime.

Le registre des achats obéit à la même règle, en miroir : il enregistre le jour où vous payez, pas le jour où vous commandez.


Questions fréquentes

Question

Je suis consultant, dois-je tenir un registre des achats ?

Non, sauf si vous vendez aussi des marchandises. La prestation de services pure n'ouvre que l'obligation du livre des recettes.

En activité mixte en revanche, la part de vente vous ramène dans le champ du registre : c'est le fait de vendre des biens qui déclenche l'obligation, pas la catégorie sociale de votre activité.


Question

Un simple tableur suffit-il ?

Oui, le format électronique est admis. La condition porte sur la preuve : chaque ligne doit être identifiée et datée au moment où elle est établie, par un moyen offrant toute garantie.

Un fichier que l'on réécrit librement des mois plus tard ne remplit pas cette condition et perd sa valeur le jour où il faut le présenter.


Question

Que risque-t-on à ne pas le tenir ?

La sanction n'est pas là où on l'attend.

Sans registre, vous n'avez plus rien à opposer à une reconstitution de votre chiffre d'affaires par l'administration, et c'est elle qui fixe alors le montant retenu.

Reconstituer le registre la veille du contrôle en le datant comme s'il avait été tenu au fil de l'eau, c'est un faux, et une pile de factures qui arrivent toutes le même jour se voit.

Quelques minutes par mois valent mieux qu'une discussion sans pièces.

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