L'avis de situation SIRENE : le justificatif d'existence de la micro-entreprise

Le justificatif d'existence que l'INSEE édite gratuitement : ce qu'il prouve, ce qu'il ne prouve pas, et pourquoi la date qu'il porte n'est pas celle du fisc.
7 min de lectureInformations vérifiées le 19 septembre 2026
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Définition

Le portail fournisseurs de votre client bloque le paiement tant qu'une pièce n'est pas déposée : « extrait Kbis ou équivalent ».

Vous fouillez vos courriers, vous trouvez un courriel de l'INSEE avec des numéros, un compte ouvert à l'URSSAF, et rien qui ressemble à ce qu'on vous réclame.

L'équivalent existe pourtant, il s'édite en une minute et il ne coûte rien.

L'avis de situation SIRENE est l'extrait de votre fiche au répertoire SIRENE, le fichier que l'INSEE tient sur les entreprises installées en France.

Vous le générez vous-même sur avis-situation-sirene.insee.fr en saisissant votre numéro : il s'affiche aussitôt, gratuitement, autant de fois que nécessaire.

C'est le justificatif d'existence de la micro-entreprise : il atteste que votre entreprise est enregistrée, telle qu'elle l'est le jour où vous l'éditez.


Ce qu'il contient, et ce qu'il ne prouve pas

On y lit votre numéro SIREN, votre SIRET, la dénomination ou votre nom, l'adresse déclarée, la catégorie juridique, l'activité principale exercée et la date de création.

Ces informations suffisent à la quasi-totalité des banques, des plateformes et des services achats qui veulent vérifier que vous existez.

Ce qu'il ne prouve pas mérite d'être connu avant de l'envoyer.

Il ne dit rien de vos déclarations et rien de vos paiements : un avis de situation impeccable reste compatible avec deux ans de cotisations impayées. Le document qui répond à cette question est l'Attestation de vigilance, délivrée par l'URSSAF.

C'est elle que réclament les donneurs d'ordre sur les contrats sérieux.

Il ne dit rien non plus de votre situation au regard de la TVA.

La date de création qu'il porte réserve un autre malentendu, plus coûteux celui-là. Elle ne correspond pas à ce que l'administration fiscale appelle l'année de création pour la CFE.

Pour un micro-entrepreneur sans salarié, cette année est la première où vous réalisez du chiffre d'affaires, pas celle de l'immatriculation.

Déclarer son activité en octobre 2026 et facturer pour la première fois en janvier 2027 décale l'exonération de l'année de création sur 2027, et la première imposition sur 2028.

Si un avis arrive quand même avant votre premier euro encaissé, il se conteste par une demande de dégrèvement auprès de votre service des impôts des entreprises.

Attention

L'avis de situation est gratuit et ne s'achète nulle part.

Des sites privés le revendent pourtant sous des intitulés d'apparence officielle, et des courriers réclament, dans les semaines qui suivent une immatriculation, le paiement d'une « inscription au registre » qui n'existe pas.

Ce sont des Courriers frauduleux de registre : ils recopient une donnée publique et n'engagent à rien. Le seul point d'édition est le site de l'INSEE, sans compte à créer ni pièce à fournir.


Le code d'activité qui y figure ne décide pas de vos cotisations

L'activité principale exercée imprimée sur l'avis correspond à votre Code APE, attribué par l'INSEE pour classer les entreprises dans ses statistiques.

Beaucoup y voient la preuve de leur régime, et écrivent à l'INSEE en espérant faire changer un taux de cotisations.

Le code ne fixe rien : c'est la nature réelle de votre activité qui commande.

Le calcul le montre.

Sur 10 000 € encaissés dans le trimestre, un développeur indépendant relève des BNC, les bénéfices non commerciaux, et verse 2 560 € de cotisations au taux de 25,6 % en 2026.

Un réparateur de vélos, en prestations de services BIC, verse 2 120 € au taux de 21,2 % la même année : 440 € d'écart sur le même encaissement, décidés par le métier exercé et non par une ligne de l'avis.

Ce sont là les taux pleins en métropole, hors Acre, et ils ne valent pas pour toutes les activités libérales : une profession réglementée affiliée à la Cipav, architecte ou moniteur de ski, verse 23,2 % en 2026.

Aucun de ces taux ne couvre la contribution à la formation professionnelle, la taxe de chambre consulaire ou l'impôt.

Un code inexact se corrige quand même, parce qu'il vous suit chez les assureurs et dans les appels d'offres : un changement d'activité passe par une déclaration de modification au Guichet unique, alors qu'un code qui ne colle pas à l'activité déjà déclarée se conteste auprès de l'INSEE.


Avis de situation, Kbis et attestation : qui produit quoi

La confusion la plus fréquente oppose l'avis de situation et l'Extrait Kbis.

Le Kbis est l'extrait d'immatriculation au registre du commerce et des sociétés : il concerne les sociétés et les commerçants qui y sont inscrits.

Un micro-entrepreneur exerçant une activité libérale n'y figure pas et n'aura jamais de Kbis, ce qui ne dit rien de son sérieux ni de son ancienneté.

Quand un formulaire réclame un Kbis et que vous n'êtes pas inscrit à ce registre, l'avis de situation est l'équivalent attendu : joignez-le avec une phrase d'explication plutôt que de laisser traîner un paiement.

Un micro-entrepreneur commerçant, lui, dispose bien d'un extrait et n'a rien à remplacer.

Reste le vocabulaire, qui entretient le malentendu.

SIRENE n'est pas un registre au sens juridique : c'est un répertoire d'identification tenu par l'INSEE et alimenté par les formalités que vous déposez.

L'inscription juridique de l'entreprise, elle, vit au registre national des entreprises, tenu par l'INPI depuis 2023 et qui délivre son propre extrait d'immatriculation, gratuit et téléchargeable sur data.inpi.fr.

Vous êtes identifié dans l'un, immatriculé dans l'autre : quand un acheteur exige une preuve d'immatriculation et non une preuve d'existence, c'est cet extrait qu'il attend, et non l'avis.


Questions fréquentes

Question

Où obtenir un avis de situation SIRENE, et combien coûte-t-il ?

Sur le site de l'INSEE prévu pour cela, en saisissant votre numéro SIREN ou SIRET. Le document s'affiche aussitôt et se télécharge gratuitement, sans compte à créer.

Aucun texte ne lui fixe de durée de validité : rééditez-le le jour où on vous le réclame, un acheteur qui en exige un récent applique une habitude commerciale et non une règle.

Si vous avez demandé à l'INSEE que vos données ne soient pas diffusées, un tiers ne pourra pas l'éditer à votre place : ce sera à vous de le lui transmettre.


Question

Mon client exige un Kbis et je n'en ai pas, que lui répondre ?

Que votre activité n'est pas immatriculée au registre du commerce et des sociétés, et que le justificatif équivalent est l'avis de situation SIRENE délivré par l'INSEE.

Il porte les mêmes informations d'identification, et il est accepté par les banques comme par la plupart des portails fournisseurs.

Si votre interlocuteur veut une preuve d'immatriculation et non d'existence, joignez-y votre extrait du registre national des entreprises, gratuit lui aussi.


Question

Un avis de situation prouve-t-il que je suis à jour de mes cotisations ?

Non, et la confusion vient souvent des acheteurs eux-mêmes. L'avis atteste l'existence de l'entreprise à la date d'édition, rien de plus.

La preuve d'être à jour est l'attestation de vigilance, délivrée par l'URSSAF et vérifiable en ligne par celui qui la reçoit.


Question

Les informations de mon avis sont fausses, comment les faire corriger ?

Cela dépend de ce qui est faux.

Une adresse, une activité ou une date qui ont changé se corrigent par une déclaration de modification déposée au guichet unique des formalités des entreprises.

Un code d'activité qui ne correspond pas à l'activité déjà déclarée se conteste, lui, auprès de l'INSEE.

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