Définition
Votre dernier client a réglé sa facture en mars, vous avez signé un contrat salarié en avril, et plus rien n'est entré depuis.
En novembre, un avis de cotisation foncière des entreprises vous attend quand même dans votre espace professionnel sur impots.gouv.fr, sans qu'aucun courrier vous prévienne, et l'URSSAF réclame de son côté des déclarations que vous n'avez pas faites.
Rien ne s'est éteint tout seul : l'entreprise existe toujours, parce que personne n'a été prévenu qu'elle s'arrêtait.
La radiation est la formalité qui met fin juridiquement à votre entreprise.
Elle se déclare au Guichet unique des formalités des entreprises, sous la forme d'une déclaration de cessation d'activité, gratuite, avec une date de cessation que vous choisissez.
Le portail transmet ensuite à l'INSEE, qui ferme votre numéro SIRET, à l'URSSAF, qui clôture votre compte cotisant, et à l'administration fiscale.
Tant que cette déclaration n'est pas déposée, toutes vos obligations continuent de courir, y compris les déclarations de chiffre d'affaires à zéro.
Ce qui reste à payer une fois la porte fermée
La radiation arrête le compteur, elle n'efface pas ce qui a déjà couru.
Prenons un réparateur de vélos installé depuis 2024, en prestations de services BIC (bénéfices industriels et commerciaux) et immatriculé comme artisan hors Alsace-Moselle, qui cesse son activité le 30 juin 2026 après avoir encaissé 9 000 € depuis le 1er janvier.
Le chiffre d'affaires qu'il déclare au titre de 2026 s'élève donc à 9 000 €, réparti sur les échéances du premier semestre jusqu'à sa dernière Déclaration de chiffre d'affaires.
Sur cette somme, le taux de cotisations sociales est de 21,2 % en 2026, auquel s'ajoutent la même année 0,3 % de contribution à la formation professionnelle et 0,48 % de taxe pour frais de chambre de métiers, soit 21,98 % au total : 1 978,20 € à payer.
Au printemps 2027, les mêmes 9 000 € seront reportés sur sa déclaration de revenus, où l'abattement forfaitaire de 50 % applicable en 2026 aux prestations BIC ramènera le revenu imposable à 4 500 €.
Le sort de la CFE obéit à une règle qui vaut la peine d'être retenue : en cas de cessation, elle n'est pas due pour les mois restant à courir, mais la réduction ne se déclenche pas d'elle-même : elle se demande au service des impôts des entreprises.
L'asymétrie surprend souvent : si vous cédez votre activité à quelqu'un au lieu de l'arrêter, l'ancien exploitant reste redevable pour l'année entière.
Le solde de la CFE 2026, lui, se paie au 15 décembre.
Ne comptez pas sur le silence pour fermer.
Une micro-entreprise qui ne déclare plus rien n'est pas une micro-entreprise fermée : les échéances continuent de tomber, chaque déclaration manquante entraîne une pénalité, et la CFE reste due tant que la cessation n'est pas enregistrée.
Autre réflexe à prendre avant de radier : faites-vous payer.
Ce qui compte est l'Encaissement et non la date de la facture, et une somme qui arrive après la fermeture reste du chiffre d'affaires de l'activité, à déclarer avec la dernière échéance.
La fermeture, dans l'ordre
L'ordre des démarches compte davantage qu'on ne le croit, parce que chacune se referme sur la précédente.
Encaissez d'abord ce qui vous est dû, relancez les factures en attente et attendez que l'argent soit arrivé sur le compte.
Déclarez ensuite la cessation sur le portail des formalités, en choisissant votre date.
Faites votre dernière déclaration de chiffre d'affaires à l'échéance habituelle, puis payez ce qu'elle appelle.
Demandez enfin la réduction de CFE au service des impôts des entreprises, depuis votre espace professionnel, et gardez une trace écrite de cette demande.
Deux points passent souvent à la trappe.
Une cessation peut être temporaire : la déclaration de cessation temporaire d'activité se dépose elle aussi au guichet unique, pour une durée limitée fixée par la réglementation, et elle laisse l'entreprise vivante, avec ses obligations déclaratives intactes.
Et fermer ne coupe pas votre couverture maladie du jour au lendemain : un maintien de droits est prévu, le temps que votre rattachement bascule vers votre nouvelle situation, salariée ou non.
Prévenez également votre assureur si vous aviez souscrit une responsabilité civile professionnelle, et vos clients, à qui personne d'autre n'annoncera votre fermeture.
Radier, arrêter de facturer, sortir du micro
Trois situations que l'on confond, et qui n'ont ni la même cause ni la même conséquence. Arrêter de facturer est un fait, sans aucun effet juridique.
La radiation est une décision, qui supprime l'entreprise.
Le Passage au régime réel, lui, ne ferme rien du tout : quand le chiffre d'affaires dépasse le plafond deux années consécutives, c'est le régime fiscal et social qui change au 1er janvier suivant, l'entreprise continuant d'exister.
Sortir du régime micro n'est pas fermer son entreprise, et ce n'est pas définitif : si le chiffre d'affaires repasse sous le seuil, le micro s'applique de nouveau de plein droit l'année suivante.
Une dernière chose se joue après la radiation : vos documents.
Factures, livre des recettes, relevés bancaires se gardent pendant les durées prévues pour la Conservation des documents, parce qu'un contrôle peut porter sur des années où l'entreprise existait encore.
Fermer n'est pas jeter.
Questions fréquentes
Combien coûte une radiation ?
Rien du tout. La déclaration de cessation d'activité se dépose gratuitement sur le portail officiel des formalités, à l'adresse formalites.entreprises.gouv.fr.
Les sites qui proposent de s'en charger contre paiement sont des prestataires privés, et les courriers réclamant des frais de radiation obligatoires sont des arnaques classiques.
Un client me paie après la date de cessation, que dois-je en faire ?
Le déclarer. C'est la date d'encaissement qui compte, et une somme qui rémunère votre activité passée reste du chiffre d'affaires, même arrivée après la fermeture.
Elle se porte sur votre dernière déclaration, votre compte restant accessible le temps de la régulariser. D'où l'ordre à respecter : encaisser d'abord, radier ensuite.
Puis-je rouvrir une micro-entreprise plus tard ?
Oui, rien ne l'interdit, avec une nouvelle déclaration de début d'activité sur le même portail.
En revanche l'ACRE ne se redemande pas librement : il faut ne pas en avoir bénéficié au cours des trois années précédentes, ce délai se comptant depuis la fin du bénéfice précédent, et une reprise d'activité suppose un délai de carence d'une année civile.
Elle n'a d'ailleurs plus la même valeur qu'avant : pour une activité créée à compter du 1er juillet 2026, l'exonération est tombée à 25 % des cotisations, contre 50 % pour les créations antérieures.
Ai-je encore une déclaration de revenus à faire l'année suivante ?
Oui. Le chiffre d'affaires encaissé jusqu'à la cessation se reporte sur la déclaration 2042-C-PRO au printemps de l'année suivante, avec le reste des revenus du foyer.
La radiation ferme l'entreprise, elle ne dispense pas de déclarer ce qu'elle a produit avant de fermer.