PayPal, Stripe, SumUp : déclarer ce que les plateformes encaissent pour vous

La plateforme vous vire 2 700 € quand vos clients en ont payé 3 000 : c'est 3 000 € que vous déclarez. Ce que la commission change vraiment.
6 min de lectureInformations vérifiées le 22 septembre 2026
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Définition

Vendredi, une place de marché vous vire 2 700 €. Vos clients, eux, ont payé 3 000 € : la plateforme a retenu 300 € de commission au passage.

Le formulaire de l'URSSAF attend un montant, et un seul. C'est 3 000 €.

Un encaissement par plateforme est un paiement que votre client vous adresse par l'intermédiaire d'un service tiers : celui-ci reçoit l'argent, prélève sa part et vous reverse le solde.

Stripe, PayPal, SumUp, une place de marché, une billetterie, une application de livraison, le mécanisme ne change pas, et la règle non plus.

Votre Chiffre d'affaires est le montant payé par le client, commission non déduite.

Le virement qui atterrit sur votre compte règle une affaire entre la plateforme et vous ; il ne remplace jamais le prix de vente.


Ce que la commission coûte réellement

Une illustratrice en activité libérale non réglementée (BNC) encaisse 3 000 € de commandes sur un trimestre, via une plateforme qui retient 10 %. Elle déclare 3 000 €.

Au taux applicable en 2026 aux activités libérales relevant du régime général et non de la Cipav, 25,6 %, ses cotisations sociales s'élèvent à 768 €, auxquels s'ajoute la contribution à la formation professionnelle, 0,2 % du chiffre d'affaires pour une profession libérale en 2026, soit 6 €.

Elle verse 774 €.

Aucun de ces taux ne couvre l'impôt sur le revenu, qui se règle à part, ni la taxe de chambre consulaire due par les commerçants et les artisans.

Sur les 2 700 € réellement virés, il lui reste donc 1 926 € avant impôt : la commission de 300 € est bien perdue, mais elle est perdue en plus des cotisations, pas à leur place.

Déclarer 2 700 € aurait donné 696,60 € de prélèvements, soit 77,40 € de moins par trimestre : c'est exactement le montant de la fraude, et le raisonnement qui la produit paraît toujours raisonnable.

Attention

La commission n'est pas une charge déductible : en micro-entreprise, aucune dépense réelle ne vient réduire le chiffre d'affaires déclaré.

Recopier le montant du virement dans la déclaration est l'erreur la plus fréquente de ce régime, et elle se voit.

Les plateformes adressent chaque année à l'administration fiscale un état des sommes versées à leurs vendeurs, dont vous recevez une copie : l'écart avec vos déclarations se constate d'un coup d'oeil, et la régularisation porte sur les années non prescrites, pas sur le seul trimestre repéré.


Deux dates, une seule à retenir

Une plateforme fait cohabiter la date où le client règle et celle où le solde part vers votre banque, et l'écart franchit parfois le 31 décembre.

La règle de l'Encaissement ne retient ni l'une ni l'autre par principe : elle retient le jour où la somme est mise à votre disposition, celui où vous pouvez en disposer.

Sur la plupart des services de paiement, le solde devient disponible avant d'être viré, et c'est cette disponibilité qui date l'encaissement, pas le clic sur le bouton de retrait.

Une somme bloquée tant qu'une condition n'est pas remplie, livraison confirmée ou délai de rétractation écoulé, n'est en revanche pas encore la vôtre.

La contrepartie tient en une habitude : téléchargez chaque mois le relevé de la plateforme, relevez-y le montant brut des ventes, la commission retenue et la date de mise à disposition, puis reportez ces lignes dans votre Livre des recettes.

Un relevé conservé au fil de l'eau vaut mieux qu'une reconstitution faite deux ans plus tard.


Virement reçu, chiffre d'affaires, revenu

Trois montants circulent et se font passer l'un pour l'autre. Le prix payé par le client est le chiffre d'affaires. Le virement reçu n'est qu'un solde après commission.

Le revenu, lui, arrive bien plus bas, une fois les cotisations et l'impôt réglés.

Tous les seuils du régime se comptent sur le premier des trois, et sur les sommes encaissées, jamais sur les factures émises.

Le Plafond de chiffre d'affaires du micro, 83 600 € en 2026 pour une prestation de services ou une activité libérale, se mesure donc sur les ventes brutes : avec une commission de 20 %, vous l'atteignez alors que votre banque n'a vu passer que 66 880 €.

Le franchir une seule année ne vous sort pas du régime pour autant : la micro ne cesse que si le seuil est dépassé deux années de suite, et la bascule prend effet le 1er janvier qui suit la seconde.

Le Seuil de TVA se mesure sur le même brut, mais pas avec le même compteur, et c'est là qu'il devient sévère : un seul dépassement suffit.

Un prestataire devient redevable au-delà de 37 500 € de chiffre d'affaires de l'année précédente en 2026, atteints quand ses virements cumulés n'affichent que 30 000 €.

Ce sous-plafond ne dispense pas du plafond global de 85 000 €, inchangé en 2026, posé par l'article 293 B du code général des impôts, qui vise le chiffre d'affaires national total, prestataires compris.


Questions fréquentes

Question

Puis-je déduire les commissions de la plateforme ?

Non, à aucun endroit. Côté cotisations sociales, rien ne se déduit du chiffre d'affaires déclaré.

Côté impôt, l'Abattement forfaitaire, 34 % pour une activité libérale BNC en 2026, tient lieu de toutes vos charges : commissions, logiciels, matériel et déplacements sont réputés couverts par lui, que vous en ayez beaucoup ou très peu.


Question

La plateforme peut-elle prélever mes cotisations à ma place ?

Un dispositif de prélèvement des cotisations directement par les plateformes est annoncé : il n'est pas encore généralisé, et les modalités seront précisées par l'URSSAF.

En attendant, la déclaration du chiffre d'affaires et le paiement des cotisations restent entièrement à votre charge, quel que soit le service qui encaisse pour vous.


Question

Dois-je faire une facture alors que la plateforme en édite déjà une ?

Oui, et ce ne sont pas les mêmes documents.

Le justificatif de la plateforme facture sa commission ou récapitule vos ventes ; votre facture, elle, porte vos Mentions obligatoires et le prix payé par le client.

Tant que vous êtes en franchise de TVA, elle indique l'une des formulations admises, par exemple « TVA non applicable, article 293 B du CGI », libellé en vigueur jusqu'au 31 décembre 2026, puis « TVA non applicable, article L. 233-3 du CIBS » à partir du 1er janvier 2027.


Question

Un client remboursé par la plateforme : que déclarer ?

Seulement ce qui vous reste acquis. Si le remboursement intervient avant l'envoi de la déclaration, ne portez que le solde réellement encaissé sur la période.

S'il intervient après, corrigez la déclaration déjà transmise depuis votre espace en ligne, établissez un avoir et conservez le justificatif de la plateforme, qui datera l'opération en cas de contrôle.

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