C'est la première question de toute automatisation, et celle qu'on traite le plus vite alors qu'elle mérite le plus d'attention : qu'est-ce qui met tout cela en marche ?
Le choix du déclencheur décide de deux choses que vous ne pourrez pas corriger facilement ensuite : la vitesse de réaction de votre automatisation, et ce qu'elle vous coûte chaque mois à ne rien faire.
Définition
Un déclencheur est l'événement qui lance l'exécution d'un Workflow. C'est toujours la première étape, et il n'y en a qu'un par workflow.
Il en existe trois familles, et le choix entre elles est structurant.
| Famille | Comment ça marche | Réactivité |
|---|---|---|
| Planifié | Toutes les heures, chaque lundi, le 1er du mois | Selon la fréquence choisie |
| Par sondage | L'outil demande régulièrement « du nouveau ? » | Retard égal à l'intervalle |
| Par événement | Le service prévient au moment où ça arrive | Immédiate |
Le sondage est le piège classique
Un déclencheur par sondage interroge un service toutes les cinq minutes pour savoir s'il y a du nouveau. C'est simple à mettre en place, et c'est pour cette raison que la plupart des débutants s'y arrêtent.
Faites le calcul : toutes les cinq minutes, cela fait 288 vérifications par jour, environ 8 600 par mois. Si votre événement se produit dix fois par mois, vous avez consommé 8 590 appels pour rien. Sur des outils facturés à l'opération, la note est vite désagréable.
Quand le service le propose, préférez toujours un déclencheur par événement, c'est-à-dire un Webhook. Vous passez de milliers d'appels inutiles à un appel exactement quand il le faut, et votre automatisation réagit à la seconde au lieu d'attendre le prochain passage.
Sur la base de dix événements réels par mois, la fréquence des occasions où quelque chose arrive vraiment dans une petite structure.
Bonnes pratiques
Adaptez la fréquence à l'enjeu réel. Une synchronisation comptable n'a pas besoin de tourner toutes les cinq minutes. Une fois par nuit suffit, et divise la consommation par trois cents.
Méfiez-vous du déclenchement en rafale. Un import de mille lignes peut lancer mille exécutions simultanées et faire sauter vos quotas. Le Traitement par lot existe pour ces cas.
Prévoyez le double déclenchement. Un même événement peut arriver deux fois, notamment sur les webhooks qui rejouent en cas d'échec. Votre workflow doit savoir reconnaître qu'il a déjà traité cet événement.
Gardez un déclenchement manuel. Pouvoir lancer un workflow à la main pour tester ou rattraper une exécution ratée évite beaucoup de gymnastique.
Questions fréquentes
Peut-on avoir plusieurs déclencheurs ?
Un workflow n'a qu'un point d'entrée, mais rien ne vous empêche de construire plusieurs workflows qui appellent le même traitement. C'est même plus propre que d'entasser des conditions au départ.
Que se passe-t-il si le service est indisponible au déclenchement ?
Cela dépend de la famille. Un déclencheur par sondage rattrapera au passage suivant. Un webhook peut être perdu si votre outil ne répond pas, à moins que l'émetteur ne rejoue, ce que font les services sérieux. C'est un point à vérifier dans leur documentation.
Un déclencheur planifié coûte-t-il quelque chose s'il ne trouve rien ?
Sur la plupart des outils, oui : chaque exécution compte, même vide. C'est exactement pourquoi la fréquence mérite d'être choisie avec soin plutôt que réglée au plus court par confort.
Comment choisir le bon dans un cas réel ?
En partant du délai que vous pouvez accepter, puis en prenant l'option la moins coûteuse qui le respecte. Notre formation n8n reprend ce raisonnement sur des cas concrets, avec le calcul de consommation à l'appui.